Welcome to Europe

Welcome to Europe


de Thomas Bornot et Cyril Montana

Mercredi 11 mars 2026 à 21h


Présentation : en présence du réalisateur Cyril Montana

Réservation

Pour cette séance, 10 places gratuites sont proposées, attribuées dans l’ordre des réservations via le billet spécifique (Cliquer ici ou sur une image)

Dossier de presse de Welcome to Europe

Welcome to Europe

Synposis : Cyril, petit-fils de réfugié politique espagnol, décide de s'engager, en mémoire de son grand-père, aux côtés des exilés. Il entame alors un périple de Paris jusqu'aux frontières de l'Europe, à la rencontre de celles et ceux qui ont quitté leur pays, leurs proches, leur vie d'avant. 

Dans son voyage, il se lie d'amitié avec Yadullah, un jeune Afghan arrivé à Paris en 2022. Croisant récits d'exilés et analyses politiques et scientifiques, « Welcome to Europe » combat les idées reçues et la xénophobie, pour démasquer ce qui se cache derrière la fiction de l'immigration.


Une enquête intime devenue politique

Welcome to Europe s’ouvre sur une démarche profondément personnelle. Cyril Montana, petit-fils de réfugié politique espagnol, cherche à comprendre si les conditions d’accueil en France ont évolué depuis plus de 80 ans. Il engage un périple de Paris jusqu’aux frontières de l’Europe, à la rencontre de celles et ceux qui empruntent aujourd’hui les chemins de l’exil.

Le film prend racine dans l’histoire de l’exil républicain espagnol de 1939, lorsque des milliers de femmes et d’hommes, fuyant le régime fasciste de Franco, furent parqués dans des conditions effroyables sur les plages françaises, notamment à Argelès-sur-Mer. À l’époque, on ne parlait pas encore de “migrants”, mais les mécanismes de rejet, de peur et d’abandon étaient déjà à l’œuvre.

Le grand-père du réalisateur, passé par ces camps, s’est pourtant parfaitement intégré à la société française, contribuant à sa richesse humaine, sociale et culturelle. Ce rappel historique constitue l’un des piliers du film : l’exil n’est pas une menace, il est une part constitutive de notre histoire commune.


Les exilés d’aujourd’hui : continuité des violences, changement de vocabulaire

En miroir de cette mémoire, le film montre la réalité contemporaine de l’accueil réservé aux personnes exilées en France et en Europe. À Calais comme sur les trottoirs parisiens, les migrants vivent dans une précarité extrême : expulsions répétées, absence de solutions durables, abris surpeuplés, stress permanent.

Ces conditions de survie, imposées sur la durée, engendrent des conséquences humaines graves : épuisement psychique, recours à l’alcool ou aux drogues pour supporter l’angoisse, perte progressive de repères et de dignité. Le film met en lumière une violence institutionnelle souvent invisible, mais profondément destructrice.


Yadullah : redonner un visage à l’exil

Le voyage de Cyril Montana croise celui de Yadullah, jeune Afghan arrivé à Paris en 2022. Leur rencontre devient un fil conducteur essentiel du film.
Yadullah n’est jamais réduit à une statistique ou à un dossier administratif : il est un jeune homme, avec ses espoirs, ses peurs, ses rêves, son humour et sa lucidité.

Ce choix de mise en scène est fondamental. En incarnant l’exil à travers une relation humaine, Welcome to Europe déconstruit les représentations abstraites et anxiogènes qui nourrissent les discours politiques et médiatiques dominants.

Frontières, sécurité et imposture politique

Le film interroge avec force les politiques de fermeture des frontières, notamment à Calais, où des investissements colossaux sont consentis pour empêcher les passages vers l’Angleterre. Malgré ces dispositifs, les traversées continuent, révélant l’inefficacité structurelle de ces stratégies.

Welcome to Europe démonte également la théorie dite de “l’appel d’air”, popularisée depuis plus de cinquante ans par l’extrême droite. Cette théorie, largement reprise aujourd’hui, affirme qu’un accueil digne attirerait davantage de migrants. Le film montre, analyses à l’appui, que cette idée est infondée, mais qu’elle continue de structurer les politiques publiques.

Plus encore, le film souligne un paradoxe essentiel : plus on ferme les frontières, plus on enrichit les trafiquants et les réseaux de passeurs, sans jamais sécuriser réellement les populations vivant à l’intérieur des pays.


Un laboratoire de la perte des droits humains

Ce que révèle le film est inquiétant : l’Europe est devenue un véritable laboratoire de la régression des droits humains.

Sous couvert de sécurité, elle renonce progressivement à ses valeurs fondatrices – hospitalité, fraternité, dignité – tout en nourrissant des discours qui rassurent artificiellement les populations internes sans répondre aux causes profondes des migrations.

L’absurdité de ces politiques est mise à nu : les frontières, aussi militarisées soient-elles, finissent toujours par être franchies. Ce sont les êtres humains qui en paient le prix.

Conclusion – Une projection nécessaire et un acte citoyen

Au regard de son propos, de sa rigueur et de sa force humaniste, Welcome to Europe est un film que Vive le Cinéma à Muret veut faire connaître, accompagne et projette, lors d’une soirée spéciale.

Dans la situation actuelle, il est plus que jamais nécessaire de dire les choses avec vérité et de retrouver les principes que nous défendons en interne comme dans l’espace public : la liberté d’expression, l’égalité, la fraternité.

Des valeurs trop souvent malmenées dans le climat de brutalité sociale et politique dans lequel nous vivons, mais que le cinéma – lorsqu’il est exigeant, sincère et profondément humain – peut contribuer à réaffirmer.

À ce titre, Welcome to Europe n’est pas seulement un film à voir : c’est un film à partager et à débattre.


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