L'association Vive le Cinéma à Muret est partenaire de Véo-Muret.
Tarifs préférentiels pour les adhérents 6,40 € - Tarif normal : 9,90€, tarif réduit : 7,30 €
Dimanches du Mermoz - un dimanche matin par mois - participation libre (voir programme)
Les associations AAL & Vive le Cinéma Muret vous invitent à une soirée espagnole le 7 avril 2026 à partir de 17h30, avec deux films en avant première et un repas italien.
À l’affiche :
17h30 - Un Poète de Simón Mesa Soto avec Ubeimar Rios, Rebeca Andrade, Guillermo Cardona
Présentation :
Synopsis : Un poète désabusé voit sa vie transformée par la rencontre d’une adolescente au talent d’écriture exceptionnel
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Un Poète, réalisé par Simón Mesa Soto, propose un portrait sensible et mélancolique d’un homme qui persiste à croire à la poésie dans un monde qui semble ne plus lui faire de place. Le film met en scène un personnage fragile et profondément humain, interprété par Ubeimar Rios, entouré notamment de Rebeca Andrade et Guillermo Cardona.
L’histoire suit un homme qui se définit avant tout comme poète, mais dont la vie est marquée par la précarité, les doutes et les désillusions. Dans une société dominée par l’efficacité et la réussite matérielle, sa fidélité obstinée à la poésie apparaît presque comme un acte de résistance. Entre rêves et réalité, il tente de préserver un espace intérieur où les mots et l’imaginaire conservent leur pouvoir.
La mise en scène de Simón Mesa Soto privilégie les instants du quotidien, les silences et les regards. Cette approche intimiste donne au film une grande authenticité et invite le spectateur à partager la sensibilité de son personnage. L’interprétation tout en retenue d’Ubeimar Rios renforce cette impression de vérité et de proximité.
Né à Medellín, Simón Mesa Soto s’est fait connaître internationalement avec son court métrage Leidi, Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes en 2014. Avec Un Poète, il poursuit son exploration d’un cinéma profondément humain, attentif aux existences modestes et aux rêves fragiles.
À travers ce film, le réalisateur rappelle que la poésie ne se limite pas aux livres : elle peut aussi surgir dans les gestes simples, dans les rencontres et dans la persistance d’un regard sensible sur le monde. Un Poète apparaît ainsi comme une œuvre délicate et profondément émouvante, qui interroge la place de l’art et de la création dans notre société.
20h – Dîner espagnole
Anchois marinés, jamon y queso sur pan con confit de tomate
Patatas bravas, chorizo chaud au vin rouge, salade mesclun
Dessert "Brazo de gitano"
Pain
Vin rouge ou vin blanc
21h – Les Dimanchesde Alauda Ruiz de Azúa
21h00 – Vivaldi et moi de Damiano Michieletto
Présentation :
Synopsis :Ainara, 17 ans, annonce à sa famille son souhait d’entrer au couvent, bouleversant l’équilibre familial.
En savoir plus
Le film Les Dimanches, réalisé par la cinéaste espagnole Alauda Ruiz de Azúa, s’inscrit dans la continuité d’un cinéma intimiste qui observe avec finesse les relations familiales et les transformations intérieures des personnages.
Le récit se déploie autour d’un rituel simple : les réunions familiales du dimanche. Ces moments apparemment ordinaires deviennent peu à peu le théâtre d’émotions plus profondes. Derrière les conversations banales, les gestes quotidiens et les silences se révèlent les tensions, les interrogations et les aspirations de chacun.
Comme dans son précédent film Cinco lobitos, qui avait été très remarqué pour son regard sensible sur la maternité et la transmission, la réalisatrice s’intéresse ici aux liens invisibles qui unissent les membres d’une famille. Elle filme avec délicatesse les moments de fragilité, les doutes, mais aussi les élans d’affection qui traversent les relations familiales.
La force du film réside dans sa capacité à transformer un cadre familier en espace de réflexion sur la vie adulte. Les dimanches deviennent un temps suspendu, où les personnages prennent conscience de leurs choix, de leurs responsabilités et de leurs désirs parfois contradictoires. Les non-dits, les regards et les silences en disent souvent plus que les paroles.
La mise en scène privilégie la proximité avec les personnages. La caméra observe les gestes simples : un repas partagé, une discussion dans la cuisine, un moment de solitude. Cette approche donne au film une grande authenticité et permet au spectateur de reconnaître des fragments de sa propre histoire familiale.
Avec Les Dimanches, Alauda Ruiz de Azúa confirme son talent pour filmer l’intime. Son cinéma, à la fois discret et profondément humain, explore les transformations silencieuses qui façonnent nos vies. Le film rappelle ainsi que les grands bouleversements existent souvent dans les moments les plus ordinaires.
Ce regard sensible sur la famille et le temps qui passe fait de Les Dimanches une œuvre touchante et universelle, où chacun peut retrouver un peu de sa propre histoire
Tarif : 38 € (comprenant les deux films + le repas) (repas complet)
Réservation obligatoire avant le 3 avril sur le site de Vive le Cinéma Muret (dans la limite des places disponibles). Un billet électronique vous sera envoyé par e-mail avec QR code. Il sera également possible d’acheter des places pour les films directement sur le site de Véo Muret.
Venez vivre une immersion espagnole à travers le cinéma et la gastronomie !
Présentation : Equipe du Festival International du Film de Muret
Synposis :1949. George Orwell termine ce qui sera son dernier mais plus
important roman, 1984.
ORWELL : 2+2=5 plonge dans les derniers mois de la vie
d’Orwell et dans son œuvre visionnaire pour explorer les racines
des concepts troublants qu’il a révélés au monde dans son
chef-d’œuvre dystopique : le double discours, le crime par la
pensée, la novlangue, le spectre omniprésent de Big Brother... des
vérités sociopolitiques qui résonnent encore plus puissamment
aujourd’hui.
À propos du film:
Lorsqu'Universal Pictures a proposé à Raoul Peck les droits
exclusifs de l'œuvre entière de George Orwell, une question
clé a émergé : Pourquoi Orwell ? Pourquoi maintenant ? :
"Aujourd’hui, nous avons la réponse. Il a tout vu. Tout
analysé. Tout prédit. Il est presque ironique de constater à quel
point, dans un monde déjà bouleversé, chacun cherche désormais à
se réclamer de lui. À l’époque, j’avais interrogé deux de mes
amis écrivains – parmi les plus respectés et reconnus – sur
Orwell. Leur réaction mêlait enthousiasme et agacement contenu. Je
ne m’y attendais pas. Cela n’a fait qu’aiguiser ma curiosité."
"Des exaltés à
l’extrême gauche. Des voix en colère à l’extrême droite. Et
tant d’autres, entre les deux. Il est salué comme un prophète de
l’apocalypse. Accusé d’avoir trahi les idéaux socialistes.
Diabolisé comme un colonisateur. Instrumentalisé par des
néo-conservateurs en quête de légitimité. Vénéré comme un
messie par ceux qui recherchent une foi aveugle. Et pourtant, il
demeure singulier, à la fois intransigeant et indomptable. Un
visionnaire. Un anarchiste sous couverture. Un journaliste lucide au
cœur tendre. Un romancier qui révèle le monde tel qu’il est",
confie le metteur en scène.
Orwell est devenu un
adjectif extrêmement évocateur – «orwellien» – pour désigner
les mécanismes autoritaires et les mutations de notre monde
contemporain : surveillance, censure, corruption politique, fausses
informations, luttes des classes, séductions du pouvoir, double
pensée, algorithmes, drones, guerres permanentes, distraction érigée
en forme ostensible de répression moderne. Raoul Peck
explique:
"Ses formules littéraires et
ses idées sont partout, reprises telles quelles ou sous de nouvelles
déclinaisons : « Big Brother », « Police de la pensée », «
Deux minutes de la haine », « trou de mémoire », « novlangue »,
« double pensée », « non-personne », ou encore « crime par la
pensée ». Il est désormais partout autour de nous."
"En ces temps d’incertitude,
près d’un siècle plus tard, le moment est venu de confronter le
mythe à la réalité, à la lumière d’un péril aussi manifeste
qu’imminent – un monde où 2 + 2 égalent définitivement 5."
Biographie:
Raoul Peck, né en Haïti, quitte le pays en 1961 pour le
Congo car ses parents ont voulu fuir la dictature des Duvalier. Après
son diplôme d'ingénieur obtenu à l'Université de Berlin, il
devient journaliste et photographe. Après plusieurs courts métrages,
il entre à l'Académie du film et de la télévision de Berlin où
il fait son premier long métrage : Haitian Corner. Il
enchaîne avec un documentaire sur Patrice Lumumba, qui sera
le sujet d'une fiction intitulé Lumumba réalisé en 2000. En
1994, il évoque la dictature sous les Duvalier dans L' Homme sur
les quais. Professeur à l'Université de New York de 1994 à
1995, il devient ministre de la culture de la République d'Haïti
jusqu'en 1997. En mai 2000, Raoul Peck est nommé par
Catherine Tasca président de la Commission d'aides sélectives
aux pays en voie de développement (Fonds sud).
Raoul Peck a été membre du jury de la Berlinale en 2002 et
du jury du Festival de Cannes en 2012. En 2001, l’association Human
Rights Watch lui a décerné le prix Irene Diamond Lifetime
Achievement Award pour son engagement en faveur des droits de
l’homme.
En 2021, il s’est vu remettre le Lifetime Achievement Award par DOC
NYC et, en 2024, le Festival Hot Docs de Toronto lui a décerné
l’Outstanding Achievement Award.
En 2017, son documentaire sur l’écrivain James Baldwin, I
am not your negro, est nommé à l’Oscar du meilleur
documentaire et remporte le Prix du Public aux festivals de Toronto
et de Berlin. En 2018, il reçoit le BAFTA Award et le César du
meilleur film documentaire. Ce film a été coproduit avec ARTE.
Exterminez toutes ces brutes est une mini-série documentaire
en quatre parties, coproduite pour HBO avec ARTE, qui propose une
relecture critique de l’histoire d’une Europe ethnocentrée.
Cette série a remporté un Peabody Award en 2022.
Les associations PJE et Vive le Cinéma Muret vous invitent, dans le cadre de la Semaine littéraire du Prix du Jeune Écrivain, à une projection unique et un temps d’échange autour du film de Margarethe Von Trotta consacré à la grande poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann, le jeudi 26 mars 2026 à 21h.
Synposis :À trente ans, la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann est au sommet de sa carrière lorsqu'elle rencontre le célèbre dramaturge Max Frisch. Leur amour est passionné mais des frictions professionnelles et personnelles commencent à perturber l'harmonie.
Interview Margarethe Von Trotta:
Raconter des histoires dans des flashbacks vous permet de décrire uniquement les moments que vous considérez importants et pertinents. Cela m’a également permis d’avoir deux chronologies distinctes : le moment où Bachmann traverse le désert, se sentant d’abord faible et malade. En fin de compte, elle ressentira un sentiment de libération. Et puis il y a l’histoire avec Frisch qui va à l’encontre de cela : il commence dans l’euphorie et se termine tristement.
J’avais vu Vicky Krieps dans Phantom Thread, et je pense que Ronald Zehrfeld est l’un des acteurs les plus sensibles d’Allemagne, malgré son physique imposant. J’ai essayé de trouver un acteur suisse pour jouer Frisch, mais aucun n’a été aussi convaincant que Ronald. Pour le rôle de Bachmann, j’avais besoin d’une actrice capable de passer rapidement du très sérieux au sourire éclatant. J’avais vu cela à plusieurs reprises dans des images documentaires de Bachmann. Par exemple, elle a fait ce commentaire très négatif sur les hommes, et le journaliste qui l’interviewait était visiblement choqué. Mais ensuite elle affiche son sourire radieux et dit: « Vous ne le saviez pas ? » Et seule Vicky Krieps pouvait offrir ce sourire comme je le voulais.
Interview de l'actrice Vicky Krieps:
Pour moi, Ingeborg Bachmann est l’une des plus grandes poétesses de tous les temps. Oui, bien sûr, je connaissais son œuvre, mais hormis sa correspondance avec Paul Celan, je ne connaissais rien de sa vie privée. C’était horrible d’apprendre combien elle avait souffert pour être libre et comment sa croyance en l’amour avait été brisée.
Plus que toute autre chose, Ronald était pour moi une chose : inattendue. Et c’est précisément ce qui compte. Parce que c’est ce qui me donne vraiment envie de connaître quelqu’un. J’avais toujours imaginé Max Frisch comme un personnage plus faible, beaucoup plus tendu et sur la retenue. Mais dès le premier jour où nous nous sommes assis autour de la table avec Simone Bär et Alexandra Montag, j’ai vu que ça allait marcher. Margarethe a eu cette vision dès le début, et je dirais qu’elle avait raison ! À partir de ce moment-là, ce fut un plaisir total et tellement simple de « travailler » avec Ronald – ou, comme j’aime à le dire, de « danser » avec lui.
Biographie:
Issue d'un milieu aristocrate pauvre mais cultivé, Margarethe Von Trotta
rejoint Paris en 1961 pour y travailler comme jeune fille au pair.
C'est là qu'elle se découvre, dans les cinémas du Quartier latin, une
véritable passion pour le 7e art, en allant voir les œuvres d'Ingmar Bergman.
Elle part alors à Munich suivre des cours de théâtre, puis fait ses
premiers pas au cinéma en 1967 en décrochant le rôle principal de Tränen trocknet der Wind.
Sa carrière prend un tournant décisif en 1969 en Allemagne. Influencé
par les cinéastes de la Nouvelle Vague française, le cinéma allemand est
alors en pleine effervescence, partagé entre une remise en cause
radicale de ses fondements et de sa fonction. Elle fait la rencontre de Rainer Werner Fassbinder, qui lui offre un rôle dans Les Dieux de la peste. Ils collaborent à nouveau ensemble sur le tournage du Soldat Américain en 1970, puis sur Prenez garde à la sainte putain.
Douloureusement marquée par l'Histoire de son pays, Margarethe Von Trotta signe des œuvres engagées. En 1981, elle réalise Les Années de plomb.
Inspiré de faits réels, le film dépeint sans concession une Allemagne
qui a fait table rase de son passé et en proie au terrorisme des années
1970. Plébiscité par le public et la critique, le film remporte le Lion
d'or à la Mostra de Venise. Avec Rosa Luxemburg (1985), elle brosse le portrait de la femme allemande et
révolutionnaire qui fut assassinée au début des années 1920 ; tandis que Les Années du mur (1995) s'inscrit dans le cadre d'une Allemagne enfin réunifiée.
A partir des années 2000, elle s'investit davantage dans l'écriture et
la réalisation de téléfilms, dans lesquels les personnages féminins ont
toujours une place toute particulière, notamment dans Die andere Frau (2004), où elle retrouve devant la caméra sa complice Barbara Sukowa, dirigée à plusieurs reprises pour le grand écran. Côté cinéma, elle continue son introspection du passé de son pays avec Rosenstrasse (2003), avant de changer de registre en réalisant le torride Je suis l'autre (2006).