Fini de rire

Muret : peut-on encore rire librement du pouvoir dans les médias ?

Dimanche 27 septembre à 10h15, les Dimanches du Mermoz proposent au cinéma Véo Muret une séance particulièrement engagée avec Fini de rire ! L’humour politique au garde-à-vous. Soutenu par la Ligue des Droits de l’Homme, ce documentaire interroge la place de la satire politique dans les médias français et pose une question simple : jusqu’où peut-on rire du pouvoir ?

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Trente ans de satire politique passés au crible

Avec Fini de rire !, Matéo Larroque, Clara Menais et Mila Branco reviennent sur trois décennies d’humour politique à la télévision et à la radio. Des célèbres Guignols de l’info sur Canal+ aux chroniques de Guillaume Meurice sur France Inter, le film retrace le parcours d’humoristes qui ont parfois été écartés, marginalisés ou privés d’antenne lorsque leur parole devenait jugée trop dérangeante.

Car rire du pouvoir n’est jamais totalement anodin. Se moquer d’un ministre, d’un président ou d’un grand patron, c’est aussi mettre en lumière ses contradictions et contester, par l’humour, son autorité. Le documentaire montre ainsi comment la satire peut être volontiers acceptée lorsqu’elle reste légère, mais devenir beaucoup plus encombrante lorsqu’elle touche directement aux intérêts politiques ou économiques.

Médias, pouvoir et concentration économique

L’un des passages les plus éclairants du film revient sur Canal+ et les profondes transformations intervenues après la prise de contrôle du groupe par Vincent Bolloré. La disparition progressive de plusieurs émissions satiriques sert de point de départ à une réflexion plus large sur la concentration des médias entre les mains de quelques grands groupes industriels.

Une question qui dépasse largement le seul domaine de l’humour. Quels sujets sont traités ? Lesquels disparaissent des antennes ? Quelle place reste-t-il aux enquêtes sociales, environnementales ou politiques susceptibles de déranger les intérêts des propriétaires des médias ?

Le documentaire s’intéresse également au service public. Changements de direction, nominations, pressions politiques ou volonté d’éviter les polémiques peuvent favoriser une autre forme de restriction : l’autocensure.


Des archives, des témoignages… et beaucoup d’irrévérence

Guillaume Meurice, Bruno Gaccio, Sandrine Alexi, Audrey Vernon, Thomas VDB ou encore Adrien Dénouette apportent leurs témoignages et replacent leurs expériences dans l’évolution générale du paysage audiovisuel français.

Grâce à de nombreuses archives, le montage reste rythmé et souvent drôle malgré la gravité du sujet. Le film assume cependant clairement son point de vue. Certains pourront lui reprocher de rapprocher des situations très différentes et de ne pas donner davantage la parole aux responsables des médias mis en cause. Mais c’est aussi cette thèse affirmée qui devrait nourrir le débat à l’issue de la projection.

Une question profondément démocratique

Au-delà de l’histoire de quelques humoristes ou émissions disparues, Fini de rire ! défend finalement une idée essentielle : la qualité d’une démocratie se mesure aussi à sa capacité à supporter la moquerie et la contradiction.

En soutenant le film, la Ligue des Droits de l’Homme rappelle combien liberté d’expression, pluralisme des médias et liberté de création demeurent indissociables du débat démocratique.

Avec cette nouvelle séance des Dimanches du Mermoz, Vive le Cinéma à Muret invite donc les spectateurs à prolonger la projection par la discussion autour d’une interrogation plus actuelle que jamais : peut-on encore rire librement du pouvoir dans les médias français ?

Dimanche 27 septembre à 10h15 – Cinéma Véo Muret.

Trois adieux

Muret : « Trois adieux », quand Isabel Coixet transforme l’épreuve en désir de vivre

Vive le Cinéma à Muret poursuit ses rendez-vous placés sous le signe de la découverte et du partage avec Trois adieux, le nouveau film d’Isabel Coixet. Une projection proposée en partenariat avec AMICI, association italienne de Muret, autour d’un film profondément humain où la fragilité de l’existence devient une formidable invitation à vivre.

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Une séparation qui bouleverse une vie

À Rome, Marta et Antonio se séparent après une dispute presque banale. Lui, chef cuisinier en pleine ascension, se réfugie dans son travail et ses fourneaux. Marta, elle, s’enferme d’abord dans le silence. Elle perd l’appétit, ressent d’étranges symptômes et comprend peu à peu que son corps lui adresse un tout autre message que celui d’un simple chagrin amoureux. 

À partir de cette rupture, Isabel Coixet évite pourtant le mélodrame. La cinéaste espagnole préfère regarder son personnage retrouver, paradoxalement, le goût des choses au moment même où l’existence devient plus fragile. La nourriture retrouve ses saveurs, la musique prend une autre intensité, les rencontres comptent davantage. Face à l’épreuve surgit alors une question simple et universelle : qu’est-ce qui mérite vraiment d’être vécu lorsque le temps prend soudain une autre valeur?


Alba Rohrwacher, tout en fragilité et en force

Pour incarner Marta, Isabel Coixet retrouve cette manière très personnelle de filmer les êtres dans leurs moments de bascule. Alba Rohrwacher porte le film avec une remarquable retenue, face à Elio Germano, dans le rôle d’Antonio, et notamment à Galatéa Bellugi. Le film, coproduction italienne et espagnole tournée en italien, est adapté de Tre ciotole, l’œuvre de l’écrivaine italienne Michela Murgia, disparue en 2023.

Derrière la maladie et la séparation, Trois adieux parle surtout de liberté. Liberté de choisir ce que l’on veut encore vivre, de regarder différemment ceux qui nous entourent, de s’affranchir des habitudes et parfois des conventions. Un récit traversé par la douleur, mais également par l’humour, la sensualité et une étonnante lumière. Le film est sorti en France le 2 septembre et dure deux heures.


Le cinéma italien au cœur d’un partenariat à Muret

Cette projection prendra une dimension particulière puisqu’elle est proposée en partenariat avec AMICI, association italienne basée à Muret. Une nouvelle occasion pour Vive le Cinéma à Muret de faire du cinéma un lieu de rencontre entre les cultures, mais aussi un espace où le film se prolonge par l’échange et le plaisir de se retrouver.

Avec Trois adieux, il ne faut donc pas s’attendre à un film sombre sur la maladie. Isabel Coixet choisit au contraire de nous parler de l’urgence d’aimer, de ressentir, de goûter, d’écouter et simplement de vivre.

Un film sensible et généreux, porté par une grande actrice, à découvrir ensemble sur grand écran. Et peut-être, en sortant de la salle, avec une envie supplémentaire: celle de ne pas remettre à demain ce qui rend la vie plus intense.


Apocalypse now: dimanche 20 septembre à 17h30

 Apocalypse now( Final Cut)

Dimanche 20 septembre 2026 à 17h30

Au cœur de la guerre du Vietnam, le capitaine Willard remonte un fleuve jusqu’au Cambodge pour retrouver le mystérieux colonel Kurtz, devenu incontrôlable. Avec Apocalypse Now – Final Cut, Francis Ford Coppola livre une fresque hallucinée sur la guerre, la folie et la violence humaine. Un voyage hypnotique et monumental, porté par des images et une bande-son devenues mythiques.


Apocalypse Now – Le choc sur grand écran

Une jungle étouffante, une mission impossible, une guerre qui fait perdre tous les repères : Apocalypse Now – Final Cut est une claque visuelle et sonore. Coppola transforme le film de guerre en voyage halluciné, puissant et spectaculaire. Hélicoptères, musique mythique, tension permanente : un monument du cinéma à vivre au moins une fois sur grand écran.


Voici donc la troisième version proposé par Coppola de son film culte:

Après la version "raccourcie" cannoise (2h33) qui obtint la Palme d'Or (1979),  Coppola a des regrets et rétablit, quelques années plus tard, en 2001, tous les éléments supprimés dans une version longue,  Apocalypse now redux (3h22).  Cette version ne le satisfait toujours pas et, après quelques coupures discrètes, il donne enfin son final cut à cette version restaurée (3h02) en 2019.

En adaptant le roman de Joseph Conrad, Au coeur des ténèbres (1899), il situe l'action au coeur de la guerre du Vietnam: Le capitaine Willard (Martin Sheen) part donc en mission, à la demande des services secrets américains, pour mettre un terme à la carrière du colonel Kurtz (Marlon Brando)qui, au fond de la jungle cambodgienne, échappe à tout contrôle et commet des crimes de guerre.

Voici 3 bonnes raisons de revoir ce film:

  • parce que le tournage est, à lui seul, une aventure apocalyptique. Prévu aux Philippines pour durer 5 mois, il durera en fait 1 an et cumulera toutes les catastrophes: le comédien principal Martin Sheen fait un infarctus; les décors sont dévastés par un typhon; Marlon Brando, que le réalisateur souhaitait voir amaigri pour le rôle, arrive avec un surpoids de 15kg; les dépassements budgétaires, passant de 16 à 31 millions, obligent Coppola à investir sa propre fortune.
  • parce que la bande-son est exceptionnelle: outre les compositions originales de Carmine et Coppola, on y entend des morceaux d'anthologie ( the End des Doors, Satisfaction des Rolling Stones et La chevauchée des Walkyries de Wagner)
  • parce que ce film est un chef d'oeuvre opératique, bourré de séquences inoubliables: la remontée du fleuve en bateau, le ballet d'hélicos wagnériens, un Brando magnétique, du napalm embrasant l'horizon; la guerre du Vietnam devient un voyage hallucinatoire au coeur des ténèbres.

Bref, un spectacle complet porté par des comédiens d'exception, qui ne s'apprécie que face à un grand écran!