Fini de rire

 


Trois adieux

Muret : « Trois adieux », quand Isabel Coixet transforme l’épreuve en désir de vivre

Vive le Cinéma à Muret poursuit ses rendez-vous placés sous le signe de la découverte et du partage avec Trois adieux, le nouveau film d’Isabel Coixet. Une projection proposée en partenariat avec AMICI, l’association italienne de Muret, autour d’un film profondément humain où la fragilité de l’existence devient une formidable invitation à vivre.

Réservation

Une séparation qui bouleverse une vie

À Rome, Marta et Antonio se séparent après une dispute presque banale. Lui, chef cuisinier en pleine ascension, se réfugie dans son travail et ses fourneaux. Marta, elle, s’enferme d’abord dans le silence. Elle perd l’appétit, ressent d’étranges symptômes et comprend peu à peu que son corps lui adresse un tout autre message que celui d’un simple chagrin amoureux. 

À partir de cette rupture, Isabel Coixet évite pourtant le mélodrame. La cinéaste espagnole préfère regarder son personnage retrouver, paradoxalement, le goût des choses au moment même où l’existence devient plus fragile. La nourriture retrouve ses saveurs, la musique prend une autre intensité, les rencontres comptent davantage. Face à l’épreuve surgit alors une question simple et universelle : qu’est-ce qui mérite vraiment d’être vécu lorsque le temps prend soudain une autre valeur ?


Alba Rohrwacher, tout en fragilité et en force

Pour incarner Marta, Isabel Coixet retrouve cette manière très personnelle de filmer les êtres dans leurs moments de bascule. Alba Rohrwacher porte le film avec une remarquable retenue, face à Elio Germano, dans le rôle d’Antonio, et notamment à Galatéa Bellugi. Le film, coproduction italienne et espagnole tournée en italien, est adapté de Tre ciotole, l’œuvre de l’écrivaine italienne Michela Murgia, disparue en 2023.

Derrière la maladie et la séparation, Trois adieux parle surtout de liberté. Liberté de choisir ce que l’on veut encore vivre, de regarder différemment ceux qui nous entourent, de s’affranchir des habitudes et parfois des conventions. Un récit traversé par la douleur, mais également par l’humour, la sensualité et une étonnante lumière. Le film est sorti en France le 2 septembre et dure deux heures.


Le cinéma italien au cœur d’un partenariat à Muret

Cette projection prendra une dimension particulière puisqu’elle est proposée en partenariat avec AMICI, association italienne basée à Muret. Une nouvelle occasion pour Vive le Cinéma à Muret de faire du cinéma un lieu de rencontre entre les cultures, mais aussi un espace où le film se prolonge par l’échange et le plaisir de se retrouver.

Avec Trois adieux, il ne faut donc pas s’attendre à un film sombre sur la maladie. Isabel Coixet choisit au contraire de nous parler de l’urgence d’aimer, de ressentir, de goûter, d’écouter et simplement de vivre.

Un film sensible et généreux, porté par une grande actrice, à découvrir ensemble sur grand écran. Et peut-être, en sortant de la salle, avec une envie supplémentaire : celle de ne pas remettre à demain ce qui rend la vie plus intense.


Apocalypse now: dimanche 20 septembre vers 18h

 Apocalypse now( Final Cut)

Dimanche 20 septembre 2026 vers 18h

Au cœur de la guerre du Vietnam, le capitaine Willard remonte un fleuve jusqu’au Cambodge pour retrouver le mystérieux colonel Kurtz, devenu incontrôlable. Avec Apocalypse Now – Final Cut, Francis Ford Coppola livre une fresque hallucinée sur la guerre, la folie et la violence humaine. Un voyage hypnotique et monumental, porté par des images et une bande-son devenues mythiques.


Apocalypse Now – Le choc sur grand écran

Une jungle étouffante, une mission impossible, une guerre qui fait perdre tous les repères : Apocalypse Now – Final Cut est une claque visuelle et sonore. Coppola transforme le film de guerre en voyage halluciné, puissant et spectaculaire. Hélicoptères, musique mythique, tension permanente : un monument du cinéma à vivre au moins une fois sur grand écran.


Voici donc la troisième version proposé par Coppola de son film culte:

Après la version "raccourcie" cannoise (2h33) qui obtint la Palme d'Or (1979),  Coppola a des regrets et rétablit, quelques années plus tard, en 2001, tous les éléments supprimés dans une version longue,  Apocalypse now redux (3h22).  Cette version ne le satisfait toujours pas et, après quelques coupures discrètes, il donne enfin son final cut à cette version restaurée (3h02) en 2019.

En adaptant le roman de Joseph Conrad, Au coeur des ténèbres (1899), il situe l'action au coeur de la guerre du Vietnam: Le capitaine Willard (Martin Sheen) part donc en mission, à la demande des services secrets américains, pour mettre un terme à la carrière du colonel Kurtz (Marlon Brando)qui, au fond de la jungle cambodgienne, échappe à tout contrôle et commet des crimes de guerre.

Voici 3 bonnes raisons de revoir ce film:

  • parce que le tournage est, à lui seul, une aventure apocalyptique. Prévu aux Philippines pour durer 5 mois, il durera en fait 1 an et cumulera toutes les catastrophes: le comédien principal Martin Sheen fait un infarctus; les décors sont dévastés par un typhon; Marlon Brando, que le réalisateur souhaitait voir amaigri pour le rôle, arrive avec un surpoids de 15kg; les dépassements budgétaires, passant de 16 à 31 millions, obligent Coppola à investir sa propre fortune.
  • parce que la bande-son est exceptionnelle: outre les compositions originales de Carmine et Coppola, on y entend des morceaux d'anthologie ( the End des Doors, Satisfaction des Rolling Stones et La chevauchée des Walkyries de Wagner)
  • parce que ce film est un chef d'oeuvre opératique, bourré de séquences inoubliables: la remontée du fleuve en bateau, le ballet d'hélicos wagnériens, un Brando magnétique, du napalm embrasant l'horizon; la guerre du Vietnam devient un voyage hallucinatoire au coeur des ténèbres.

Bref, un spectacle complet porté par des comédiens d'exception, qui ne s'apprécie que face à un grand écran!