Dimanche 27 septembre vers 18h – Ciné-classique
Le Goût des autres – Agnès Jaoui – 2000 – 1h52
Avec Jean-Pierre Bacri, Anne Alvaro, Alain Chabat, Agnès Jaoui et Gérard Lanvin
Séance présentée par Jean-Fabrice Janaudy, distributeur du film – Les Acacias
Il y a des films que l’on revoit vingt-six ans plus tard avec le sentiment qu’ils n’ont pas pris une ride. Le Goût des autres, premier long métrage réalisé par Agnès Jaoui, appartient incontestablement à cette catégorie.
Castella, chef d’entreprise plutôt hermétique à la culture, assiste presque à contrecœur à une représentation de Bérénice. Sur scène, Clara. Il est bouleversé par la pièce, mais aussi par la comédienne. Il va alors tenter de se rapprocher d’elle et de ce monde d’artistes dont il ignore les codes. Autour d’eux gravitent un chauffeur, un garde du corps, une serveuse, une épouse décoratrice… Des personnages et des univers qui, normalement, n’auraient peut-être jamais dû se rencontrer.

Voici trois bonnes raisons de revoir ce film qui n’a pas pris une ride
1. Pour le duo Jaoui-Bacri
Après avoir été comédiens puis scénaristes à succès, notamment pour Alain Resnais avec On connaît la chanson, Philippe Muyl avec Cuisine et Dépendances ou Cédric Klapisch avec Un air de famille, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri se lancent dans l’écriture de leur propre film, qu’Agnès Jaoui réalisera.
Ils veulent parler des préjugés, du mépris social et culturel, de notre difficulté à aller vers ceux qui ne nous ressemblent pas. Ils donnent ainsi vie à des personnages issus de milieux qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Car on ne bouscule pas les cadres de référence, les habitudes et les barrières culturelles sans provoquer quelques étincelles…
2. Pour le formidable Jean-Pierre Bacri
Il est Jean-Jacques Castella, industriel grincheux, conservateur, parfois au bord de la vulgarité, capable de remarques blessantes ou homophobes. Et pourtant, Bacri réussit à rendre cet homme profondément attachant.
Derrière ses maladresses apparaît peu à peu un homme sincèrement ébloui par un univers qu’il ne connaît pas. Sa manière d’exprimer son admiration aux comédiens, face à un petit monde artistique qui peut lui-même se montrer snob et méprisant, produit quelques-unes des scènes les plus drôles et les plus émouvantes du film. Personne n’est tout à fait innocent, personne n’est définitivement condamné.
3. Pour le ton si particulier de cette comédie
Magnifiquement dialogué, Le Goût des autres ne ridiculise jamais vraiment ses personnages, même lorsqu’ils se rendent ridicules. Il ne les excuse pas davantage. Il les regarde simplement avec une extraordinaire justesse.
Agnès Jaoui observe les maladresses, les préjugés, les attirances, les incompréhensions et les petites lâchetés qui composent les relations humaines. Le film ressemble ainsi à un fragment de réalité que l’on aurait simplement placé devant une caméra.
Le public ne s’y est pas trompé : le film rencontre un immense succès, avec près de 4 millions de spectateurs, accompagné d’un accueil critique enthousiaste. On parle alors d’« acteurs épatants », de « coup de maître », d’un film « d’une justesse sidérante » ou encore d’une brillante satire des mécanismes d’exclusion.
Une rencontre avec Jean-Fabrice Janaudy
Cette séance de Ciné-classique aura une saveur particulière puisqu’elle sera présentée par Jean-Fabrice Janaudy, de la société Les Acacias, distributeur du film.
Grand défenseur du cinéma de patrimoine, il nous parlera du Goût des autres, mais aussi de ce travail essentiel qui permet de restaurer, ressortir et faire redécouvrir sur grand écran les films qui ont marqué l’histoire du cinéma.
Une belle occasion de revoir — ou de découvrir — cette formidable comédie humaine dans les conditions pour lesquelles elle a été conçue : ensemble, dans une salle de cinéma.
Rendez-vous dimanche 27 septembre vers 18h.
Et si vous pensez déjà connaître Le Goût des autres, venez le revoir : vingt-six ans après sa sortie, son regard sur nos préjugés, nos différences et notre difficulté à aller vers les autres reste étonnamment actuel.








.jpg)
