Rue Malaga - Saint Valentin 2026

Saint Valentin 2026

Rue Malaga

de Maryam Touzani 

Samedi 14 février 2026 

(accueil 18h45 - film 21h)


Organisation de la soirée
  • 18h15 : Accueil au 1er étage autour d'une coupe de Crémant Bio
  • 19h : Repas marocain avec animation
  • 21h : Film Rue Málaga
Réservation

Réservez en ligne jusqu’au 5 février 2026 – attention, seulement 50 places disponibles !

Repas marocain préparé par CAPECO
  • Crémant de Limoux bio
  • Briouat au fromage (feuilleté croustillant, façon samoussa)
  • Tajine de poulet aux légumes de saison (pommes de terre, navets, carottes…), accompagné de semoule fine
  • Mulhalbia, crème à la fleur d’oranger et cannelle
  • Vin bio rouge ou blanc
Quizz
  • Quiz et animation, avec des lots à gagner gracieusement offerts par Vive le Cinéma à Muret.
Rue Malaga de Maryam Touzani 

Synposis : Maria Angeles, une Espagnole de 79 ans, vit seule à Tanger, dans le nord du Maroc, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Déterminée à rester dans cette ville qui l'a vue grandir, elle met tout en œuvre pour garder sa maison et récupérer les objets d'une vie. Contre toute attente, elle redécouvre en chemin l’amour et le désir.



Interview de la réalisatrice Maryam Touzani 

Rue Malaga est né de la douleur et du manque, ma mère étant décédée en février 2023 de manière totalement inattendue, juste avant la sortie de mon dernier film. Notre lien viscéral s’est vu alors tranché du jour au lendemain. Sans m’en rendre compte, j’ai continué à dialoguer avec elle dans ma tête, en espagnol, car c’était la langue qui nous liait au quotidien. D’où le fait que le film soit en espagnol. J’avais besoin d’entendre cette langue, et le personnage de Maria Angeles, très inspiré de ma grand-mère andalouse, Juana, s’est imposé à moi de manière naturelle et irréfléchie, me permettant de replonger dans mes souvenirs et apprivoiser ce que je ressentais. J’avais besoin de continuer à sentir les plats espagnols que ma mère cuisinait, de retrouver ses gestes à travers la tortilla ou les croquettas qu’elle adorait me préparer... 

Sentir ces odeurs sur le plateau, entendre à nouveau l’espagnol autour de moi, était une manière de panser mes plaies, de transformer ma douleur. Et puis, Rue Malaga est le premier long métrage que je tourne à Tanger. C’est bien sûr la ville où je suis née et où j’ai passé ma jeunesse, mais c’est surtout ma mère pour moi. Chaque coin de rue me rappelle un souvenir. 

D’une certaine façon, en choisissant Tanger comme cadre, je me suis imposée, inconsciemment, de faire face à son absence. Je pense que sans cela, je n’aurais pas eu le courage de continuer à aimer cette ville que j’aime si profondément. Je dirais même que ce film est une lettre d’amour à Tanger. C’est définitivement une ville à part. Une ville internationale qui, à une époque, a vu débarquer des gens du monde entier fuyant la rigidité de certains pays... Une ville de liberté et de création. Beaucoup d’artistes se sont ainsi mélangés à la population locale. C’était aussi un nid d’espions, avant, pendant et même après la Seconde Guerre mondiale... Je n’ai pas connu tout cela, bien sûr, mais l’empreinte de cette ville perdure, se mêlant au fantasme. Et puis la ville est située à seulement 14 km de l’Espagne. Les Tangérois de souche, surtout les anciennes générations, parlent tous espagnol. Les choses ont peut- être un peu changé avec l’industrialisation de la ville, l’exode vers Tanger depuis d’autres villes et campagnes, ou même avec l’arrivée de la parabole qui a permis aux gens de regarder autre chose que la télévision espagnole.



J’ai voulu raconter une autre vieillesse. Celle qui peut aussi être débordante de vie et échapper aux carcans qu’on essaie souvent de lui imposer. À travers Maria Angeles, j’ai souhaité questionner le regard de la société sur le vieillissement, les attentes et les idées reçues qui en découlent, ainsi que les cadres dans lesquels on cherche souvent à enfermer les personnes d’un certain âge. Et j’ai voulu que Maria Angeles fasse sauter ces verrous. En effet, je me suis souvent interrogée sur le décalage qui peut exister entre notre moi profond, dont l’étincelle ne s’éteint pas forcément avec l’âge, et notre corps vieillissant. Comment concilier les deux quand la société nous renvoie trop souvent à une image qui ne nous correspond pas ? Je pense que la vieillesse est belle. 

Et que c’est un luxe de vieillir, une chance: chaque ride qui se creuse sur notre visage est une consécration de la vie que nous avons eu le droit de savourer, avec son lot de joies et de souffrances. C’est pour cette raison que j’ai voulu célébrer la vie à travers cette femme. Et célébrer la vie, c’est aussi célébrer l’amour. Un amour qui est trop souvent perçu comme étant à la limite du respectable à un âge avancé. Comme si, une fois la vieillesse atteinte, on n’avait plus le droit de désirer, plus le droit d’aimer, en tout cas plus de la même manière. Comme si, avec la vieillesse, la sexualité devenait une chose vicieuse et malsaine qu’il fallait étouffer. Je pense qu’il existe un véritable tabou autour de la sexualité chez les personnes âgées. Cela me heurte et m’afflige. Dans mon film, Maria Angeles redécouvre sa sexualité à un âge avancé et en jouit. Cette redécouverte est aussi belle que naturelle.



Biographie:

Maryam Touzani est née à Tanger et y a passé son enfance avant de poursuivre des études de journalisme à Londres. Passionnée par l’écriture, elle est revenue au Maroc après l’obtention de son diplôme et a travaillé comme journaliste spécialisée dans le cinéma du Maghreb. Elle a rapidement ressenti le besoin de s’exprimer à travers ses propres films.

En 2012, elle écrit et réalise Quand ils dorment, son premier court métrage de fiction. Elle enchaîne en 2015 avec Aya va à la plage. La même année, elle acquiert une expérience supplémentaire en travaillant sur le film acclamé par la critique Much Loved (2015), réalisé par Nabil Ayouch. Elle contribue au développement du scénario et participe à différents aspects de la production. Peu après, elle coécrit le long métrage Razzia d’Ayouch, dans lequel elle interprète également l’un des rôles principaux, se retrouvant pour la première fois devant la caméra.

Le premier long métrage de Maryam Touzani, Adam, a été présenté en avant-première mondiale au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard. Le film a ensuite été sélectionné dans des festivals prestigieux tels que le Festival international du film de Toronto, a remporté plus de 30 prix et a été vendu dans plus de 20 pays. En 2019, Maryam Touzani devient membre de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. La même année, Adam est choisi comme candidat officiel du Maroc aux Oscars.

Son dernier film, Rue Malaga, avec Carmen Maura, intègre la sélection du festival de Venise - où il gagne le Prix du Public - et fait sa première américaine au festival de Toronto. Il représente également le Maroc aux Oscars et sortira en France le 25 février 2026.


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