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Le roman d'un tricheur

Dimanche 14 janvier vers 18h

Le Roman d'un tricheur

(80 minutes) 


Avec Sacha Guitry, Marguerite Moreno, Jacqueline Delubac, Roger Duchesne, Rosine Deréan, Elmire Vautier, Serge Grave, Pauline Carton, Fréhel

Assis à la terrasse d'un café, un homme rédige ses mémoires : il raconte comment son destin fut définitivement scellé, à l'âge de douze ans, lorsqu'il fut privé de diner parce qu'il avait volé dans le tiroir-caisse de l'épicerie familiale pour s'acheter des billes. Le soir même, toute sa famille meurt empoisonnée en mangeant un plat de champignons. Voyant dans sa survie un signe du destin, il choisit de parvenir à ses fins en devenant tricheur et voleur professionnel.



Sacha multiplie les répliques brillantes et les personnages excentriques : irrésistible, Marguerite Moreno incarne, par exemple, une vieille comtesse, jadis folle de jeunes gens à qui elle offre, chaque fois, une superbe montre en échange de leurs bons et loyaux services... Le grand Orson Welles était fou de ce film (presque) sans dialogues, où le Narrateur semble, à chaque instant, faire naître les images, au gré de ses souvenirs. Du grand art. Télérama

20h30 – Projection du film « Roman d’un tricheur » de Sacha Guitry
(1936) suivie d’une conférence animée en présentiel par Ghislaine Lassiaz.

GHISLAINE LASSIAZ est intervenante en cinéma. Depuis près de 20 ans, elle conçoit et anime des ateliers d’initiation à l’analyse, l’histoire et l’esthétique du cinéma. Auprès du jeune public ou du public adulte, dans le cadre de dispositifs d’éducation à l’image ou de cycles de conférences proposés par les institutions culturelles, sa démarche vise une découverte active du cinéma. Ghislaine Lassiaz a été notamment conférencière pour le service pédagogique de la Cinémathèque française.

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Main Basse sur la Ville

Dimanche 17 décembre vers 18h 

Main basse sur la ville (1963) 


Cette oeuvre exceptionnelle, Lion d'or à Venise en 1963, a juste 60 ans est un thriller politique quasi intempore

Naples, début des années 1960. À l'approche des élections municipales, un chantier de démolition provoque l'effondrement meurtrier d'un immeuble mitoyen. Une commission d'enquête est alors constituée. Dans cette plongée captivante dans les rouages de la gestion d’une ville italienne, Rosi dénonce la spéculation immobilière et les arrangements entre politiques locaux et promoteurs véreux. 



L’entrepreneur Edoardo Nottola, par ailleurs membre du Conseil Municipal de Naples, s’est énormément enrichi grâce aux spéculations immobilières et à la construction d’édifices à bas coût. Jusqu’ici soutenu par la droite, qui profite de ses affaires, il cherche aussi, à l’approche des élections municipales, l’appui des groupes politiques centristes, afin d’avoir une plus grande marge de sécurité et de manœuvre. Mais lorsqu’un immeuble vétuste, mitoyen d’une nouvelle construction mise en chantier par Nottola, s’écroule dans la vieille ville, un scandale éclate devant les blessés et les morts, tous de pauvres gens. Nottola voit alors son prestige compromis…
   
Acteurs chevronnés ou non professionnels - le rôle de l’élu communiste De Vita est interprété par Carlo Fermariello, membre éminent du PCI - font preuve d’une justesse confondante. En homme d'affaires corrompu, Rod Steiger excelle.... Si le film a, aujourd’hui encore, la force d’un coup de poing, il le doit à la convergence de plusieurs facteurs. Une photographie qui sublime la ville de Naples et des séquences qu’on ne pourrait sans doute plus filmer aujourd’hui – je pense à l’écroulement, l’émeute dans la ruelle, les tracts en flammes. Ces images et les splendides plans rapprochés sont l’œuvre du grand directeur photo Gianni Di Venanzo – 8 ½ de Fellini ou Eva de Losey, c’est également lui – dont la longue collaboration avec Francesco Rosi n’a d’égale que l’amitié et l’estime qu’ils se sont portées mutuellement. Une musique à fleur de peau composée par Piero Piccioni, qui souligne et entretient la tension générale du flm. L’utilisation du son de prise directe, une anomalie dans le paysage filmique italien de cette époque, qui donne aussi son accent de vérité au film. 

 
 Des dialogues ciselés par le réalisateur avec son complice de toujours, Raffaele La Capria, napolitain comme lui. Et indéniablement, le face à face brutal entre morale et politique bénéficie aussi du jeu inspiré des acteurs. Cela est d’autant plus remarquable que Francesco Rosi a, pour ce film, fait jouer de nombreux non professionnels aux côtés de Rod Steiger, Guido Alberti et Salvo Randone : les journalistes intervenant dans la salle d’audience du Conseil sont de vrais journalistes, les employés de la Mairie sont de vrais employés (les décors sont les vrais lieux), et nombre de Conseillers municipaux jouent leur propre rôle. Au premier rang desquels l’incroyable Carlo Fermariello, le conseiller d’opposition De Vita, dans son propre fauteuil (il deviendra sénateur du Parti Communiste Italien quelques années plus tard). L’expression « plus vrai que nature » prend tout son sens.
 !

Une photographie qui sublime la ville de Naples et des séquences qu’on ne pourrait sans doute plus filmer aujourd’hui. Ces images et les splendides plans rapprochés sont l’œuvre du grand directeur photo Gianni Di Venanzo, dont la longue collaboration avec Francesco Rosi n’a d’égale que l’amitié et l’estime qu’ils se sont portées mutuellement. Des dialogues ciselés par le réalisateur avec son complice de toujours, Raffaele La Capria, napolitain comme lui.

Au panthéon du cinéma politique, il y a Francesco Rosi, qui remuait la boue du pouvoir.un cinéma engagé où réalisme quasi documentaire et efficacité narrative se mêlent avec bonheur.

Parfum de Femme : Dimanche 10 décembre à 18h20

Ciné classique Dimanche 10 décembre à 18h20

Parfum de Femme ( Dino Risi 1974) (1h43) 

avec Vittorio Gassman, Agostina Belli, Alessandro Momo


Il y a sept ans, Fausto a perdu sa main gauche et ses yeux dans un accident. Il recrute Ciccio, un jeune ordonnance, pour l’accompagner pendant une semaine jusqu’à Gênes. Fausto y retrouve Sara qui depuis l’adolescence se consume d’amour et d’adoration pour lui, mais il la rudoie, la repousse et l’humilie sans cesse.

En adaptant le roman de Giovanni Arpino " L'obscurité et le Miel", Risi en modifie le titre et reconnaît que " ce film est plus grave que d'habitude, qu'il commence comme l'histoire d'un aveugle et devient une histoire beaucoup plus vaste, celle de la solitude humain. Pour cette 10ème collaboration avec le cinéaste, Vittorio Gassman, dans ce rôle d'un aveugle, ancien militaire, déchiré entre l'envie d'aimer et le désir de mourir, a obtenu le prix d'interprétation au Festival de Cannes en 1975.

L'envoûtante bande son est composée par un collaborateur fidèle Armando Trovajoli.

"Dino Risi signe là un des plus grands classiques et un des plus beaux films de l'âge d'or du cinéma italien, et parvient à rendre sublime un scénario qui ne demandait qu'à tourner au mélo le plus sirupeux"

"Un grand film du désenchantement"

  

Pour cette 10ème collaboration avec le cinéaste, Vittorio Gassman, dans ce rôle d'un aveugle, ancien militaire, déchiré entre l'envie d'aimer et le désir de mourir, a obtenu le prix d'interprétation au Festival de Cannes en 1975.

L'envoûtante bande son est composée par un collaborateur fidèle Armando Trovajoli.

"Dino Risi signe là un des plus grands classiques et un des plus beaux films de l'âge d'or du cinéma italien, et parvient à rendre sublime un scénario qui ne demandait qu'à tourner au mélo le plus sirupeux"

Fantôme d'Amour de Dino Risi

Dimanche 3 décembre à 18h30 

A bord d’un autobus à Pavie, Nino Monti, expert fiscal installé, prête une pièce de cent lires à une dame à l’air déboussolé. Le soir même, cette dernière retrouve sa trace et lui téléphone en se présentant comme Anna Brigatti, une ancienne maîtresse que Nino a follement aimée, vingt ans auparavant. 

Comment cette femme si séduisante a-t-elle pu changer au point de devenir méconnaissable ? C’est alors qu’un vieil ami, médecin, lui assure qu’Anna est morte trois ans plus tôt d’une terrible maladie. Plus Nino cherche à démêler le vrai du faux, plus la réalité se trouble sous ses yeux…

 

Avec Romy Schneider, Marcello Mastroianni, Eva Maria Meineke, Wolfgang Preiss

VERSION RESTAURÉE 

 Présentation Julien LEMERCIER

Ciné classique : Cher Papa dimanche 26/11 à 18h30

 Cher Papa ( Dino Risi 1979) ( 1h50)
avec Vittorio Gassman, Aurore Clément, Andrée Lachapelle, Stefano Madia

Dimanche 26 novembre à 18h30




Albino Millozza est le chef d’entreprise d’un grand fleuron industriel italien. Hâbleur, bavard et fier de lui, il exhibe comme autant de trophées son grand train de vie, sa villa suisse et sa maîtresse qui a le bon goût de s’entendre avec sa femme. Les relations avec ses enfants sont plus tendues: sa fille refuse de lui adresser la parole. Son fils Marco se montre cordial mais distant. Les choses se gâtent lorsque le père découvre le journal intime de son fils qui semble le relier aux Brigades rouges et à leurs actions violentes.
 


Sorti sur les écrans italiens en 1979, le film est réalisé par Dino Risi dans la foulée immédiate de « l’affaire Moro » – du nom d’Aldo Moro, président de laDémocratie chrétienne (DC) enlevé à Rome par les Brigades rouges et assassiné cinquante-cinq jours plus tard, dans un contexte politique trouble qui a profondément marqué le pays. Immense succès populaire, le film n’a pas pu être vu par les spectateurs de l’époque, autrement qu’à l’aune de cette tragédie nationale. Caro Papa, est un film sur la vie en commun difficile entre les générations, un film sur la peur des jeunes vis-à-vis des vieux et des vieux vis-à-vis des jeunes. Joué par un Gassman extraordinaire, ce film de Dino Risi est le portrait ; inédit, d’un père qui se souvient trop tard d’avoir une famille et l’une de ses œuvres les plus réussies, courageuse et inquiétante.
 


Un beau portait de relation filiale, culminant dans un final bouleversant. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 1979, le film fut récompensé par le biais du jeune Stefano Madia, qui reçut le prix du meilleur second rôle.

Un sommet du cinéma de Dino Risi

Cambio de sexo : Ciné classique dimanche 22 octobre à 18h20

 Dimanche 22 octobre à 18h20

Cambio de sexo ( Vicente Aranda 1976) ( 1h48) 
avec Victoria Abril, Lou Castel, Fernando Sancho

Dans sa famille ou à l’école, José Maria, un adolescent de dix-sept ans, sensible et intelligent, ne trouve pas sa place et se voit rejeté et montré du doigt pour son manque de virilité. Il prend peu à peu conscience de son désir de devenir une femme...

En 1972, Vicente Aranda se lance avec  Joaquim Jorda dans l’écriture de cette fiction inspirée d’un fait réel . Mais Franco est toujours en vie : malgré plusieurs changements dans son scénario et passages devant le comité de censure, il est rejeté.

C'est en 1976 que le réalisateur  peut enfin commencer le tournage de Cambio de sexo. 

Pour le premier rôle, le cinéaste cherche une jeune actrice androgyne d'une beauté particulière. Il pense à certaines actrices de l'époque mais c'est Victoria Abril, vue dans un téléfilm, qu'il décide d'auditionner et qui le captive par son insolence naturelle. A 18 ans, pour ce premier grand rôle, Victoria s'y révèle d'une sensibilité à fleur de peau et d'une force fragile sans pareille.

  "Il est urgemment nécessaire de découvrir cet ovni d’avant-garde, objet cinématographique exceptionnel tant dans son scénario, son montage que son interprétation."

"Cette pépite arrive enfin en France, et 46 ans après, on ne peut faire que le constat de sa pertinence et son avant-gardisme"

"Le long métrage de V. Aranda, tourné au sortir de la période franquiste, étonne par sa manière frontale d’aborder la question du changement de sexe. Cambio de sexo saisit un moment politique et sociétal avec, dans le rôle principal, une Victoria Abril lumineuse."

Hester street: ciné classique dimanche 15 octobre à 18h20

 Dimanche 15 octobre à 18h20

Hester street (1975 Joan Micklin Silver) ( 1h30)

Hester Street, New-York, 1896. Jake, juif immigré, a quitté la Russie il y a trois ans, laissant derrière lui sa femme Gitl et leur petit garçon. Travaillant dans un atelier de couture et fréquentant la belle Mamie, il fait tout pour s’intégrer. Installé, il peut désormais faire venir femme et enfant. Mais Gitl, attachée aux traditions orthodoxes, est déroutée par cette nouvelle vie…

Voici 3 bonnes raisons de découvrir ce film:

pour la comédienne Carol Kane, qui incarne Gitl. Elle livre une prestation d’une intense subtilité qui fut récompensée d’une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice en 1976. Personnage le plus fascinant de cette histoire,  elle est cette femme qui va chercher progressivement à s’émanciper, sans pour autant renier son identité juive profonde. 

pour sa représentation particulièrement réaliste de la communauté juive de Lower East Side. La cinéaste réussit à nous immerger dans l’effervescence d’Hester Street avec une maestria miraculeuse, notamment dans une scène de déambulation au marché, où les habitants passent d’échoppe en échoppe dans un joyeux brouhaha. Les costumes, les décors, tout semble avoir été pris sur le vif en 1896. 

pour la découverte de la  brillante cinéaste que fut Joan Micklin Silver Dans une interview donnée au American Film Institute en 1979, la réalisatrice ,cite cette phrase d'un directeur de studio : « Produire et distribuer un long-métrage coûte cher, une femme réalisatrice est un problème de plus dont on peut se passer. »  Hester Street  a finalement été produit par son mari, qui travaillait alors dans l’immobilier. 

  Personne ne voulait distribuer le film, jugé trop « ethnique »   mais il fut finalement sélectionné à la Semaine de la Critique de Cannes en 1975, ce qui  permit sa sortie aux États-Unis   
La carrière de la cinéaste  a  toutefois beaucoup souffert du sexisme et de l’antisémitisme d’une partie de l’industrie,


"Un  film universel sur le déracinement, le renoncement aux traditions, l’intégration… au fond, tout ce qui fonde l’Histoire multiculturelle des États-Unis. "
 .

« Un premier long métrage impressionnant. » CAHIERS DU CINÉMA

 

« La mise en scène, simple et belle, révèle le talent sans ostentation d’une réalisatrice. » TELERAMA

 

Seule contre la mafia

Dimanche 8 octobre à 18h10 
 

Seule contre la mafia 

(Damiano Damiani 1972) ( 1h50) titre original : La Moglie piu bella avec Ornella Muti, Alessio Orano, Tano Cimarosa


 
 


Sicile, années 1960. Don Antonino, parrain de la mafia locale, est sur le point d’être arrêté. Avant de se rendre, il adoube Vito, 22 ans, à l’avenir très prometteur. Seule condition : que celui-ci épouse une jeune fille vertueuse issue d’une famille pauvre. Vito jette son dévolu sur Francesca, âgée de quinze ans. D’abord flattée d’avoir été choisie, la jeune fiancée se sent vite piégée et refuse le mariage. Humilié par ce rejet, Vito décide de se venger... 

Le scénario est  l'adaptation d'un fait divers, même si le générique prétend le contraire; c'est l'histoire de Franca Viola qui refusa d'épouser le mafieux qui l'avait séduite.

  Pourquoi aller voir ce film?


pour la prestation de Ornella Muti dans son premier long métrage. Encore très jeune( 16 ans), elle livre une interprétation formidable,  superbe départ vers une formidable carrière. Elle reprend le personnage de jeune femme très jolie, dont rien ne laisse présager le caractère indomptable.

 pour le regard  très politique sur la condition de la femme dans le sud de l'Italie pendant les années 60, victime de la pression sociale qui rend son émancipation quasi impossible 

pour le portrait accablant des moeurs et de la corruption dans la société italienne, dressé par un réalisateur éminemment politique, auteur du brûlot La Mafia fait la loi en 1968.  Le film de Damiano Damiani est un réquisitoire féroce contre cette terrible organisation criminelle.


pour la musique d'Ennio Morricone qui en 1970 signe15 musiques de film, dont  2 chefs-d'oeuvre« Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon »  et « Seule contre la mafia« . Il utilise la guimbarde symbole de l’Italie traditionnelle comme instrument principal à laquelle répond la voix de la soprano Edda dell’Orso. C’est assez saisissant et incroyablement efficace sur le plan narratif.

ciné classique : Jeanne et le garçon formidable dimanche 1 octobre à 18h 10

Jeanne et le garçon formidable 

(1h34) d' Olivier Ducastel et Jacques Martineau (1997)
avec Virginie Ledoyen, Mathieu Demy
Dimanche 1er octobre à 18h10

Projection suivie d'un karaoké animé par Bernard, Dominique, Sophie, Marie-France.

 

Jeanne, réceptionniste dans une agence de voyage, collectionne les amants. Un jour, elle tombe sur Olivier dans le métro et c'est le coup de foudre. Mais leur amour se retrouve assombri par le grand mal de la décennie : le sida.

Une oeuvre essentielle des années 90, le film de toute une génération !
"Jeanne et le garçon formidable est une splendide histoire d’amour au temps du sida, colorée, fluide, portée par d’excellents acteurs : Virginie Ledoyen, dont la beauté sensuelle irradie le film, Mathieu Demy et Jacques Bonnafé."
"Les numéros, chansons, danses s'enchaînent avec une évidence, une joie, une impudeur très toniques qui emportent l’enthousiasme du spectateur, toujours en équilibre entre sensualité et gravité"
"La plus belle réussite des deux auteurs, c’est elle. Cette Jeanne, qu’interprète magnifiquement Virginie Ledoyen. Elle a cette force éclatante, irrésistible, cette légèreté qui se fout de tout, sinon d’exister. Elle traverse en état de grâce une histoire en équilibre fragile entre la comédie grave et la tragédie optimiste ."


OLIVIER DUCASTEL & JACQUES MARTINEAU
Né à Lyon en 1962, Olivier fait l'IDHEC, travaille comme monteur puis comme réalisateur. Jacques Martineau est né à Montpellier en 1963. Il est diplômé de littérature et a fait son doctorat sur Honoré de Balzac. En parallèle du cinéma, il enseigne à l'Université Paris-Ouest.

Leurs films ont été sélectionné dans nombre de festivals prestigieux, notamment la Berlinale qui a sélectionné leurs films à cinq reprises. En 2016, ils sont présidents de la Queer Palm du Festival de Cannes. Leurs films :
  • Théo et Hugo dans le même bateau, 2016
  • L'arbre et la forêt, 2010
  • Nés en 68, 2008
  • Crustacés et coquillages, 2005
  • Ma vraie vie à Rouen, 2003
  • Drôle de Félix, 1999
  • Jeanne et le garçon formidable, 1998



Play It again 2023

Créé en 2015, le festival Play It Again!, est le seul rendez-vous national et annuel consacré aux films du patrimoine avec le slogan Les films d'hier dans les salles d'aujourd'hui

 
Cette véritable fête du cinéma classique propose au mois de septembre une sélection des meilleures rééditions de l’année passée. Cette année, le festival met en lumière les Héroïnes au cinéma derrière ou devant la caméra. 

Mercredi 13 septembre à 20h30: Carmen de Francesco Rosi( 1984)
L’opéra le plus populaire des Français est porté à l’écran par le réalisateur de Salvatore Giuliano, avec une étincelante distribution qui révéla Julia Migenes dans le rôle-titre.


Dimanche 17 septembre vers 18h : Thelma et Louise (Ridley Scott 1991)
Le duo criminel en cavale est un classique, mais avec les charismatiques Susan Sarandon et Geena Davis, le sous-texte fera de cet immense succès un film iconique du mouvement LGBT.




Dimanche 24 septembre vers 18h : Virgin suicides (Sofia Coppola 1999)

États-Unis, années 1970. Pour changer les idées de leur benjamine, qui vient de faire une tentative de suicide, les parents Lisbon acceptent d’organiser une fête à laquelle sont conviés des garçons du quartier, depuis toujours fascinés par ces cinq soeurs à la beauté renversante. Au cours de cette soirée, Cecilia se jette par la fenêtre... 



Le film sera éclairé et présenté par N T BINH, critique de cinéma, conférencier et universitaire.




Driver

Walter HILL, connu pour ses films d'action aux allures de western est un producteur, réalisateur et scénariste américain, né en 1942. (The) DRIVER sorti en 1978 est son deuxième long métrage. Le titre DRIVER (Le conducteur) fait référence à l'activité professionnelle du personnage interprété par Ryan O'Neal, spécialiste des fuites en voiture après braquages. Bruce DERN est le flic à ses trousses. Et Isabelle ADJANI, la femme mystère fréquentant les tables de jeux. Voilà pour le pitch !
Le film « DRIVER » pousse au summum l’épure : 
  • les protagonistes s’y résument à leur fonction sans jamais être nommés, Le flic, la joueuse, le voyou, la voiture et la ville de LOS ANGELES dans une ambiance nocturne hypnotique. 
  • Le scénario est un squelette de polar empruntant grandement au SAMOURAÏ (1967) de Jean-Pierre MELVILLE : Tout comme Alain DELON, Ryan O'NEAL incarne un expert mutique, rigoureux dans son domaine. 
  • Isabelle ADJANI, par sa présence éthérée et son charisme amène une vraie fascination pour le personnage féminin. A 22 ans, c’est son premier rôle américain !
Ce film d’action avec un récit dénué de tout superflu, renferme des scènes de course-poursuites magistralement filmées : 
  • ambiance de crissement de pneus, sirènes de voitures de police hurlantes, regard froidement déterminé du chauffeur adverse, têtes à queues, et tonneaux en pagailles, dans des lumières et bruits de gyrophares brisés. 
Aussi, le magnétisme entre Ryan O’NEAL et Isabelle ADJANI opère immédiatement. 

Et comment ne pas citer Bruce Dern dans le rôle du flic davantage passionné par lui-même que par l’idée de justice qu’il est censé incarner ! 

En conclusion, l’esthétisme de forme, la beauté plastique de la mise en scène sont vraiment à apprécier sur grand écran dans sa version restaurée !


Ce film incompris à sa sortie, est devenu au fil de temps, un classique incontournable du genre.

GHOST DOG: LA VOIE DU SAMOURAï

Dimanche 21 mai vers 18h 
Ghost Dog : la voie du samouraï 
(Jim Jarmusch 1h56) (USA 1999) 


Sélection officielle Cannes 1999 Ghost Dog vit au-dessus du monde, au milieu d’une volée d’oiseaux, dans une cabane sur le toit d’un immeuble abandonné. Guidé par les mots d’un ancien texte samouraï, Ghost Dog est un tueur professionnel qui se fond dans la nuit et se glisse dans la ville sans qu’on le remarque. Quand son code moral est trahi par le dysfonctionnement d’une famille mafieuse qui l’emploie à l’occasion, il réagit strictement selon la Voie du Samouraï.
Jarmusch définissait Ghost Dog comme « un film de gangster, samouraï, hip-hop, western oriental. » Vaste programme et bon résumé. Car effectivement on y retrouve tout ça. D’abord, les gangsters. Tueur à gage, Ghost Dog travaille avec un petit groupe d’Italiens mafieux. Lunettes teintées, gros cigares et sens de l’honneur : les bases sont posées. Les samouraïs: Jarmusch revendique plusieurs influences, et notamment celle de Melville. En plus du titre, les références au film Le Samouraï sont multiples.
Côté hip-hop, l’ambiance sonore fait presque tout le travail. RZA, leader du Wu-Tang Clan, a composé la bande-originale pour en faire un personnage à part entière du film.

 

Enfin, le personnage de Ghost Dog est le fruit d’une réflexion conjointe entre l’acteur et le réalisateur. Forest Whitaker incarnait à la perfection la contradiction que Jarmusch souhaitait souligner chez Ghost Dog : un personnage à la fois vulnérable, mélancolique, et fort, physiquement comme spirituellement. Une fusion de douceur et de violence, un guerrier solitaire, sorte de cow-boy moderne et philosophe. 

D’où cette ambiance « western » revendiquée par Jarmusch. 
  • "une œuvre zen, ludique qui mélange savamment l'humour décalé et le film noir.
  •  "Un film léger et grave à la fois, cruel et tendre, unique.... un vrai bonheur."
  • "Jim Jarmusch a réussi, là, un parfait grand écart entre cinéma d'auteur et cinéma de pure distraction. Son film est à la fois l'un de ses plus ambitieux et le plus clairement populaire."

Police Frontière

Tony Richardson fut l’un des cinéastes principaux du Free Cinéma, la nouvelle vague britannique fin des années 1950/60. Ses allers-retours de part et d’autre de l’Atlantique donneront de très bons films comme La Solitude du coureur de fond (1962) et Tom Jones (1963), etc.
Pourquoi voir ou revoir “Police frontière”, de Tony Richardson : 
  •  Le cinéaste anglais pointe ce paradoxe américain : après s’être construits grâce à l’immigration, les États-Unis mettent désormais beaucoup d’énergie à fermer leurs frontières. Ce film est tourné en 1982 aux confins du Texas et du Mexique, dans une Amérique présidées depuis deux ans par le républicain Ronald Reagan. C’est une période marquée par l’impérialisme, le retour aux valeurs puritaines et l’émergence du néo-libéralisme économique. Le thème de l’immigration clandestine mexicaine est traité dans un univers de corruption et de misère. 
  • Un peu oublié, ce film reste pourtant le seul à avoir réuni deux acteurs de légende, Jack Nicholson et Harvey Keitel. De plus, il recèle également d’excellents seconds rôles féminins. 
  • Enfin, ce film est visuellement très réussi. Sa version restaurée restitue le beau travail du photographe. Alors venez (re)voir la poussière des après-midi texans ou la lumière rasante du crépuscule américain.

RASHÔMON - 23 avril

Dimanche 23 avril vers 18h 
Rashômon (Akira Kurosawa) (Japon 1952) (1h28)


Dans le Japon du 10ème siècle, quatre personnes présentent des versions très différentes d'un même crime, la mort d'un samouraï. Un bûcheron découvre le corps.... Un bandit avoue être l'auteur du meurtre, puis on découvre la version de l'épouse qui dit avoir tué son mari, puis celle du défunt samouraï qui, par la bouche de la médium, raconte s’être suicidé. Finalement, le bûcheron revenant sur sa déclaration, annonce avoir été témoin de la scène.

Présenté au Festival de Venise en 1951, Rashômon y remporte le Lion d'Or, avant de se voir couronné de l'Oscar du meilleur film étranger en 1952. Immense succès mondial, il frappe ses contemporains par sa modernité et propulse le cinéma japonais sur le devant de la scène cinématographique. Le secret d'une telle réussite tient avant tout à l'assemblée de talents réunie derrière le Maître : la star Toshiro Mifune, qui tourne là son 5e film (sur 16 collaborations) sous la direction de son réalisateur d'élection ; le chef opérateur Kazuo Miyagawa et Fumio Hayazaka à la musique, qui compose pour l'occasion une variation autour du Boléro de Maurice Ravel pour appuyer la dimension cyclique du récit.


Akira Kurosawa (1910- 1988) 
Peintre talentueux, il se tourne ensuite vers le cinéma, devient assistant-réalisateur, auprès de Kajirō Yamamoto, avant de tourner son premier long en 1943. 
Auteur talentueux et prolifique, Kurosawa a réalisé entre autres Les 7 Samouraïs, Dersou Ouzala, Ran, Kagemusha... 
"Indispensable pour tout cinéphile et d’une incroyable modernité, ce monument mérite bien sa place au panthéon du cinéma mondial." 
"L'étonnante maîtrise technique, la rigueur des cadrages, la souplesse éloquente et musicale des mouvements de caméra donnent aux diverses péripéties de l'action un relief et une densité plastiques qui dégagent une authentique puissance de fascination."

SUZHOU RIVER - 16 avril 2023 - 18h

Dimanche 16 avril à 18h20 
Suzhou River de Lou Ye - Chine 2000 - (1h19)


Sujet du film
A Shanghai, Mardar est impliqué dans le projet de kidnapping de la jeune Moudan, dont il tombe amoureux, et réciproquement. Lorsqu'elle découvre qui il est vraiment, Moudan se jette dans la rivière Suzhou. Après plusieurs années de prison pour sa tentative d’extorsion avortée, Mardar part à la recherche de Moudan. C'est ainsi qu'il rencontre Meimei, sosie parfait de Moudan.. 

Contexte
Le 2ème long métrage de Lou Ye, tourné six ans après son coup d'essai Week-end Lover, lui a été inspiré par son désir de filmer la rivière Suzhou traversant la ville de Shanghai, qui devient peu à peu un décor à part entière... 
Tourné en 30 jours en super 16, avec des acteurs débutants et professionnels et un tout petit budget, ce film permet à Lou Ye de prendre conscience que le montage constitue une étape décisive de son processus de création.
Distinctions obtenues
Présenté au Festival du Film de Rotterdam, le film y remporte le prix le plus prestigieux. Considéré aujourd'hui comme un classique du cinéma chinois moderne, le film restauré a été présenté en première mondiale au Festival de Berlin en 2022 dans la section Berlinale Classics.
 
  •  "Fans de Wong Kar Wai, ce petit bijou du cinéma chinois est pour vous." 
  •  "Cette façon de filmer à la première personne, cette étrange caméra subjective, le spectre de Vertigo qui hante le film, créent une atmosphère envoûtante" 
  •  "Un film noir, embrumé, indépendant, un conte de fée moderne, un rêve aquatique et fluide où l’on se noie avec volupté. " 

As Tears Go By

Dimanche 9 avril à 18h30 


As tears go by (Wong Kar-wai -1h42) 

Hong-Kong 1988 Un petit gangster de Hong-Kong se partage entre son boulot habituel et la nécessité de protéger son acolyte et ami à la conduite problématique et erratique. Cette vie déréglée et violente sera bouleversée par l'arrivée d'une jolie cousine, qui vit loin de la ville, sur l’île de Lantau et qu'il doit héberger pour quelques jours....



Wong Kar-wai n’a que 29 ans quand il signe ce premier film, un polar rendu possible par l’immense succès, à l’été 1986, du Syndicat du Crime, de John Woo. Wong Kar-wai s'inspire magnifiquement de Mean Streets, le premier film de Martin Scorsese sur la mafia new yorkaise. Au cœur des deux récits, on retrouve un duo de gangsters, dont l’un respecte les règles de la mafia, tout en protégeant l'autre qui se révèle incontrôlable et violent.

 

Si le réalisateur n’est pas encore le façonneur d’images puissamment émotionnelles, déjà, au sein d’un genre ultra-balisé, il ne filme pas tout à fait comme tout le monde… 

Admirable composition des plans dans toutes les scènes à deux dans l’appartement créant une subtile chorégraphie des corps qui dit peu à peu le rapprochement des êtres, la naissance du désir.... inventivité et efficacité des scènes d'action.... Cinéaste des amours impossibles et donc des regrets éternels, ce qu’il portera jusqu’à la perfection dans In the mood for love, le réalisateur laisse ici libre cours au romantisme qui jamais ne le quittera et il fait le choix d'une bande son envoûtante, la reprise en cantonais de Take my breath away, rengaine du groupe Berlin (le «hit» de Top gun), par la diva locale Sandy Lam.


Wong Kar-wai bénéficie aussi d’un solide duo d’interprètes. Andy Lau est en train de devenir l’acteur et chanteur ultra-populaire qu’il sera pleinement dans les années 90. 

 Face à lui, Maggie Cheung, actrice débutante remarquée comme partenaire de Jackie Chan, prête à son personnage son charme ingénu : elle est la révélation du film. Quand le film sort à Hong-Kong à l’été 1988, il réalise plus de dix millions de dollars de recettes. Il est aussi sélectionné à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 1989. Une œuvre fascinante d'un cinéaste qui découvre peu à peu son style !

La Lettre Inachevée

Dimanche 2 avril à 18h20 

La lettre inachevée de Mikhaïl Kalatozov (URSS 1960) (1h36). Quatre géologues partent en expédition au cœur des forêts de Sibérie, à la recherche d’un gisement de diamants. Le petit groupe explore sans relâche terres et rivières. L’automne arrive et il leur faut rentrer. Mais au moment du retour, les éléments se déchaînent et ils doivent affronter les pires difficultés.
Nos pensées les plus sincères vont au peuple Ukrainien agressé par son voisin russe - mais aussi au peuple russe - tous deux écrasés par la menace du même homme. Dans son film, Kalatozov contait les ambitions soviétiques, sur l’autel desquelles furent sacrifiées bien des vies. Aujourd’hui, le passé éclaire le présent : ce sont d’abord les civils qui souffrent des tyrans et des guerres iniques qu'ils provoquent.
Kalatozov, né à Tbilissi capitale de l'actuelle Géorgie, a réalisé ce film méconnu après l'immense succès de Quand passent les cigognes (Palme d'or à Cannes 1957) et peu avant Soy Cuba (1964). 

Accompagné de son génial chef-opérateur Sergueï Ouroussevski, le réalisateur s'éloigne très vite de la dimension propagandiste du roman à l'origine du film pour se focaliser sur les paysages et l'environnement hostile de la Sibérie qui devient un personnage à part entière, à la fois filmé comme une force à combattre et à soumettre, dans la plus pure tradition productiviste et matérialiste portée par le communisme, mais également utilisée sous l'oeil de sa caméra comme une force destructrice indomptable. 

Le tournage fut épique par les choix du réalisateur de paysages sublimes dans des lieux reculés, ce qui ne fut pas sans poser de sérieux problèmes logistiques...
 

 
Tatiana Samoilova, l'inoubliable Veronika de Quand passent les cigognes, incarne ici la seule femme de l'expédition.

Malgré la virtuosité éclatante du résultat final, le film repart bredouille du Festival de Cannes et le public russe le boude....Une injustice qui confère au film un statut de film maudit, malgré l'influence manifeste qu'il semble avoir eu sur des réalisateurs aussi variés que Andreï Tarkovski, Terrence Malick ou Alejandro Gonzalez Inarritu. 

"Grande fresque panthéiste ? film de survie ?" "On sort de la projection groggy, en fusion totale avec cette démesure visuelle" De tous les films « en immersion », La lettre inachevée est certainement l’un des plus réussis !