A pied d'oeuvre

À pied d'œuvre

de Valérie DONZELLI

Mercredi 4 février 2026 

(21h - Festival décalé)

Présentation
  • Présentation du film : Equipe de sélection des films du Festival et membres des jurys
  • Présentation de l'ouvrage de Franck COURTÈS par Naomi GAUD
Synopsis : 

Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune.

À Pied d’œuvre raconte l'histoire vraie d'un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté.



Interview de la réalisatrice Valérie DONZELLI 

Quand j’ai lu le livre, je me suis même totalement identifiée. Mon père venait de mourir, j’ai repensé à notre histoire familiale. Mon grand-père et mon arrière-grand-père paternels étaient peintres et sculpteurs. Ils ont vécu dans une extrême pauvreté, ne vivant que de leur art, et mon père en a beaucoup souffert. Raison pour laquelle il a fait des études de droit alors qu’il dessinait extrêmement bien : pour que ce truc d’artistes ne puisse plus se reproduire. Lorsque j’ai décidé d’être actrice, il a eu peur et m’a donc aussitôt mise en garde : tu vas finir clocharde ! Et ça m’a fait peur ! Mais je ne me suis pas découragée, j’ai tracé ma route, atypique au départ, et je suis assez fière de mon parcours.

Tous mes films sont politiques, même s’ils ne le sont pas de façon manifeste. Chacun raconte mon observation du monde. Ainsi dans À PIED D’ŒUVRE, Paul Marquet, mon héros, devient homme à tout faire pour pouvoir survivre. On le voit donc s’inscrire sur un site de services à domicile pour trouver des clients, puisque tout fonctionne désormais sur des plateformes : le ménage, les gardes d’enfant, le jardinage, le bricolage, les déménagements… C’est le nouveau monde du travail. Mais ce que je montre aussi, à travers cette uberisation du travail, c’est que l’on est tous notés. Je trouve ce rapport au jugement particulièrement violent et hypocrite. Finalement, on vit dans un monde qui empêche la vraie courtoisie puisque l’on sait que l’on peut être dénoncé à tout moment.

C’est la première fois que je place un héros masculin au centre de mon récit. J’avais
envie de raconter un homme qui n’est pas dans une recherche de puissance. On découvre Paul au moment où il change d’équilibre. Il vit un déclassement, c’est vrai, mais il se situe aussi dans un moment charnière puisqu’il organise sa transmutation. Sauf qu’un homme qui ne gagne pas d’argent, c’est mal vu. On le juge. On considère qu’il est en situation d’échec. C’est d’autant plus incompréhensible, pour certains, que Paul a décidé d’arrêter son job de photographe alors que cela marchait très bien pour lui. Tout ça pour devenir écrivain ! Car dans la tête des gens, la valeur d’un métier, donc de la personne qui l’exerce, est liée à l’argent. C’est cette logique qui amène à considérer le travail de Paul comme plaisant, au mieux, mais
pas comme un vrai métier. Et c’est cela que je voulais raconter : pourquoi un homme qui décide de faire ce choix pose problème aux gens à partir du moment où il gagne très mal sa vie.





Dossier de presse




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