The Celluloid Closet
Dimanche 15 février 2026 vers 18h
(sorti 28 aout 1996 - 1H47)
Synposis : Inspiré du livre culte éponyme de Vito Russo, The Celluloid Closet révèle tous les subterfuges auxquels les cinéastes d’Hollywood ont eu recours pour déjouer les pièges de la censure et parler de l’homosexualité. De Ben Hur à Philadélphia en passant par Rebecca, My beautiful Laundrette et Basic Instinct, ce sont les extraits de plus de 120 films qui sont commentés par les plus grandes stars du cinéma américain: Tom Hanks, Susan Sharandon, Whoopi Goldberg, Tony Curtis, Shirley Mac Laine. D’anecdotes croustillantes en révélations inédites, The Celluloid Closet dresse de façon décapante et ludique l’historique de cent ans de désirs interdits à l’écran et montre que la censure, aussi puissante soit-elle, ne peut rien contre l’imagination et le talent.
À propos du film :
Sans logique particulièrement chronologique mais en thématisant le propos, le film opère des allers-et retours théoriques. Il montre comment les homosexuels se “cachent” sous des emplois plus obscurs: de seconds rôles masculins inoffensifs pour l’héroïne, des vieilles filles ou des brutes dans les films de prison, des amitiés fusionnelles ou des ennemis de péplum. Il montre aussi comment le cinéma après l’instauration du code Hays en 1934 normalise les comportements sexuels à l’image en les bannissant puis en les catégorisant selon ce qui se fait ou pas, et comme le cinéma finit par accueillir des personnages ouvertement homosexuels mais pour en montrer la dureté ou la violence de la condition.
The Celluloid closet, qui fait référence à l’expression being in the closet - être dans le placard - parle autant voire davantage de forme cinématographique que d’évolution des mœurs; de fait l’homosexualité est tellement complexe à montrer, qu’elle requiert tous les moyens du cinéma pour être reconnue, notamment par les spectateurs qui s’y cherchent - le film commence avec ces témoignages de personnes homosexuelles qui racontent comment ils se cherchaient, avec une forme d’impatience, dans le personnel montré au cinéma; et ils se trouvaient parfois, rarement en décodant des signes: des jeux de cadre ou de hors-champ, la direction d’acteurs, le recours au genre aussi, et ça c’est passionnant - dans cet extrait de western notamment où les personnages échangent et comparent leurs revolvers, allusion à peine voilée à une scène sexuelle entre hommes, ou ce film dans lequel le héros, un sénateur qu’on va faire chanter, est filmé dans un bar gay avec des jeux d’ombre comme dans un film noir. En fait l’homosexualité encodée dans le cinéma majoritaire constitue comme un lieu sensible pour comprendre ce qu’est la mise en scène.
Biographie :
La carrière cinématographique de Rob Epstein débute à l'âge de 19 ans lorsqu'il quitte New York pour San Francisco, où il travaille comme assistant de production sur un documentaire. C'est à ce moment qu'il rencontre Peter Adair qui devient son mentor. Rapidement, il devient le plus jeune membre de Mariposa Film Group, collectif de six réalisateurs (dont Peter Adair) qui tournent en 1977 Word is out, considéré comme le premier documentaire consacré à la communauté homosexuelle aux États-Unis.
Débutant sa carrière comme assistant monteur de Thelma Schoonmaker sur Raging Bull de Martin Scorsese (1980), Jeffrey Friedman assure l'écriture, la production, la réalisation et le montage de son premier long métrage documentaire Common Threads: Stories from the Quilt en 1989. Par la même occasion, il collabore pour la première fois avec un certain Robert Epstein avec qui il fonde leur studio de production, Telling Pictures. Avec ce dernier, il renouvelle l'expérience en 1995 pour The Celluloid Closet, un autre documentaire couronné d'un relatif succès critique. L'homosexualité se place vite au centre de leurs réalisations: en témoigne Paragraph 175 (2000) qui se penche sur des interviews d'homosexuels déportés sous le nazisme.
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