Histoires de la bonne vallée
Dimanche 12 avril 2026 à 10h30
(sorti 17 décembre 2025 - 2H02)
Réservation: 20 premières places offertes aux adhérents de Vive le Cinéma à Muret (https://ouvaton.link/VI73Q1)
Synposis : En marge de Barcelone, Vallbona est une enclave entourée par une rivière, des voies ferrées et une autoroute. Antonio, fils d'ouvriers catalans, y cultive des fleurs depuis près de 90 ans. Il est rejoint par Makome, Norma, Tatiana, venus de tous horizons… Au rythme de la musique, des baignades interdites et des amours naissants, une forme poétique de résistance émerge face aux conflits urbains, sociaux et identitaires du monde.
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Interview réalisateur:
Le film commence en marchant et en observant. J’observe d’abord avec la caméra Super-8, presque sans intervenir, dans une logique observationnelle.
À Vallbona, on a trouvé des rues non asphaltées, des faubourgs mêlés à des blocs, du linge suspendu, des gamins qui jouaient ou se baignaient dans le ruisseau. C’étaient des scènes qui me ramenaient aux années soixante ou soixante-dix, l’époque où j’ai commencé à filmer en Super-8.
Pour moi, explorer un espace est très suggestif. J’ai l’impression qu’on peut le lire à travers les signes qui l’habitent. Quand je suis arrivé à Vallbona avec la petite caméra, j’ai eu le sentiment de découvrir un territoire vierge. Je marchais attentif aux traces et aux indices : des pierres dans un faubourg, des fissures dans le pavé… Tout semblait contenir des histoires. Je pense que le scénario est d’une certaine manière contenu dans l’espace, et que filmer c’est l’interpréter.
Ensuite, avec le casting, apparaît la médiation de la parole, où je découvre une série de mémoires et d’imaginaires qui, confrontés à ce qui avait été observé, vont donner lieu au film. En tout cas, c’est en analysant ces entretiens qui composent le casting que s’est concrétisé le projet de faire un long-métrage.
Je ne comprends mon travail qu’à partir de l’éthique artisanale : décider de chaque cadre, chaque coupe, chaque son. De là découle mon goût pour le cinéma, pour son écriture, et ma manière de me relier au monde.
Chaque film est un organisme singulier avec une logique et une éthique particulière, qu’il faut découvrir. Il n’y a pas de règles que tu puisses appliquer d’un film à l’autre, elles se révèlent à chaque fois, dans le processus même de travail. C’est pour ça que j’essaie de tourner en discontinuité, en alternant des phases de tournage et de montage qui m’aident à découvrir l’identité du film.
L’exigence de pénétrer les regards et les imaginaires particuliers comme manière adéquate de comprendre le quartier nous a conduits à privilégier des formes qui relient le passage entre l’individuel et le collectif. Les reflets dans les fenêtres, ou la profondeur de champ, jouent là un rôle crucial, tout comme le montage sonore qui met en relation les différentes histoires.
Biographie réalisateur:
«Comme je n'ai étudié dans aucune école de cinéma, ma seule formation a été celle de spectateur, si bien que j'ai acquis un imaginaire peuplé de cinéastes qui m'ont aidé à découvrir le monde»
José Luis Guerin mène sa carrière cinématographique en tant que réalisateur et scénariste de ses propres films, mêlant fiction et documentaire, brouillant les frontières qui existent entre les deux genres.
Il débute à l'âge de 24 ans avec Los motivos de Berta (1984), œuvre quasi mutique qu'il écrit, monte et produit tout à la fois. Le film ne sera jamais distribué commercialement.
Six ans plus tard, le réalisateur part sur les traces de L'Homme tranquille de John Ford, en Irlande, afin d'y tourner Innisfree. Encore sept ans et il réapparaît avec l'inclassable Tren de sombras, inspiré de l'expérience vécue par l'écrivain russe Maxime Gorki, décontenancé par les premières images du cinématographe projetées à Nijni-Novgorod en 1896.
En 2001, il accède à une plus grande reconnaissance : En construcción, situé dans sa ville natale, devient le film-symbole d'une génération espagnole éprise de documentaire-fiction.
Avec L'Académie des muses (2015), Guerín renoue avec ses débuts : il prend la décision de produire, filmer et monter seul son film.
Ses films ont été présentés dans de nombreux festivals tels que Venise (Sélection officielle), Cannes (Un Certain Regard, Quinzaine des réalisateurs), Berlin (Forum), San Sebastian (Compétition officielle), plusieurs fois à Locarno, Rotterdam, Tokyo... Il est peut-être l'un des cinéastes espagnols les plus loués par la critique et par le public des festivals internationaux. En 2002, il remporte le Prix national espagnol du cinéma en 2001 et prix Goya du meilleur documentaire. Des rétrospectives lui ont été consacrées lors de festivals et dans d'importants centres culturels comme le Centre Georges Pompidou ou le Harvard Film Archive.
Histoires de la bonne vallée a remporté le prix du jury au festival de San Sebastian.
Court-métrage:
Portrait croisé de la jeune génération tamoule en France : Vitusha & Sarujan. À travers leurs expériences personnelles de la migration à la Courneuve et Pierrefitte-sur-seine, deux parcours se répondent, se confrontent, et se rejoignent.
Pour aller plus loin
Ce documentaire explore avec finesse les enjeux identitaires d'une génération née entre deux cultures. À travers les parcours de Vitusha et Sarujan en banlieue parisienne, les réalisateurs dessinent les contours d'une jeunesse tiraillée entre héritage sri-lankais et réalité hexagonale, et approchent avec une écoute respectueuse la manière dont se construisent les identités multiples dans la France contemporaine.

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