Ingeborg Bachmann

 

Ingeborg Bachmann

de Margarethe Von Trotta

Jeudi 26 mars 2026 à 21h

(sorti 13 octobre 2023 - 1h50min)


Présentation :  Edith
 
Les associations PJE et Vive le Cinéma Muret vous invitent, dans le cadre de la Semaine littéraire du Prix du Jeune Écrivain, à une projection unique et un temps d’échange autour du film de Margarethe Von Trotta consacré à la grande poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann, le jeudi 26 mars 2026 à 21h.
 

Synposis : À trente ans, la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmann est au sommet de sa carrière lorsqu'elle rencontre le célèbre dramaturge Max Frisch. Leur amour est passionné mais des frictions professionnelles et personnelles commencent à perturber l'harmonie.

 


Interview Margarethe Von Trotta:

 Raconter des histoires dans des flashbacks vous permet de décrire uniquement les
moments que vous considérez importants et pertinents. Cela m’a également permis d’avoir deux chronologies distinctes : le moment où Bachmann traverse le désert, se sentant d’abord faible et malade. En fin de compte, elle ressentira un sentiment de libération. Et puis il y a l’histoire avec Frisch qui va à l’encontre de cela : il commence dans l’euphorie et se termine tristement.

J’avais vu Vicky Krieps dans Phantom Thread, et je pense que Ronald Zehrfeld est l’un des acteurs les plus sensibles d’Allemagne, malgré son physique imposant. J’ai essayé de trouver un acteur suisse pour jouer Frisch, mais aucun n’a été aussi convaincant que Ronald. Pour le rôle de Bachmann, j’avais besoin d’une actrice capable de passer rapidement du très sérieux au sourire éclatant. J’avais vu cela à plusieurs reprises dans des images documentaires de Bachmann. Par exemple, elle a fait ce commentaire très négatif sur les hommes, et le journaliste qui l’interviewait était visiblement choqué. Mais ensuite elle affiche son sourire radieux et dit: « Vous ne le saviez pas ? » Et seule Vicky Krieps pouvait offrir ce sourire comme je le voulais.

 

 Interview de l'actrice Vicky Krieps:

Pour moi, Ingeborg Bachmann est l’une des plus grandes poétesses de tous les temps. Oui, bien sûr, je connaissais son œuvre, mais hormis sa correspondance avec Paul Celan, je ne connaissais rien de sa vie privée. C’était horrible d’apprendre combien elle avait souffert pour être libre et comment sa croyance en l’amour avait été brisée.

Plus que toute autre chose, Ronald était pour moi une chose : inattendue. Et c’est précisément ce qui compte. Parce que c’est ce qui me donne vraiment envie de connaître quelqu’un. J’avais toujours imaginé Max Frisch comme un personnage plus
faible, beaucoup plus tendu et sur la retenue. Mais dès le premier jour où nous nous
sommes assis autour de la table avec Simone Bär et Alexandra Montag, j’ai vu que ça allait marcher. Margarethe a eu cette vision dès le début, et je dirais qu’elle avait raison ! À partir de ce moment-là, ce fut un plaisir total et tellement simple de « travailler » avec Ronald – ou, comme j’aime à le dire, de « danser » avec lui.

 


 Biographie:

Issue d'un milieu aristocrate pauvre mais cultivé, Margarethe Von Trotta rejoint Paris en 1961 pour y travailler comme jeune fille au pair. C'est là qu'elle se découvre, dans les cinémas du Quartier latin, une véritable passion pour le 7e art, en allant voir les œuvres d'Ingmar Bergman. Elle part alors à Munich suivre des cours de théâtre, puis fait ses premiers pas au cinéma en 1967 en décrochant le rôle principal de Tränen trocknet der Wind.

Sa carrière prend un tournant décisif en 1969 en Allemagne. Influencé par les cinéastes de la Nouvelle Vague française, le cinéma allemand est alors en pleine effervescence, partagé entre une remise en cause radicale de ses fondements et de sa fonction. Elle fait la rencontre de Rainer Werner Fassbinder, qui lui offre un rôle dans Les Dieux de la peste. Ils collaborent à nouveau ensemble sur le tournage du Soldat Américain en 1970, puis sur Prenez garde à la sainte putain.

Douloureusement marquée par l'Histoire de son pays, Margarethe Von Trotta signe des œuvres engagées. En 1981, elle réalise Les Années de plomb. Inspiré de faits réels, le film dépeint sans concession une Allemagne qui a fait table rase de son passé et en proie au terrorisme des années 1970. Plébiscité par le public et la critique, le film remporte le Lion d'or à la Mostra de Venise. Avec Rosa Luxemburg  (1985), elle brosse le portrait de la femme allemande et révolutionnaire qui fut assassinée au début des années 1920 ; tandis que Les Années du mur (1995) s'inscrit dans le cadre d'une Allemagne enfin réunifiée.

A partir des années 2000, elle s'investit davantage dans l'écriture et la réalisation de téléfilms, dans lesquels les personnages féminins ont toujours une place toute particulière, notamment dans Die andere Frau (2004), où elle retrouve devant la caméra sa complice Barbara Sukowa, dirigée à plusieurs reprises pour le grand écran. Côté cinéma, elle continue son introspection du passé de son pays avec Rosenstrasse (2003), avant de changer de registre en réalisant le torride Je suis l'autre (2006).



Aucun commentaire :