Invisibles, mais infiniment précieux

Invisibles mais infiniment précieux

de Gérard QUINTANA

Mardi 3 février 2026 (accueil 19h15 - film 20h30)


Présentation : Gérard QUINTANA
  • 19h15 : Accueil au 1er étage. Apéro offert par la Banque Populaire avec des produits des agriculteurs de la vallée et la Pastorale Pyrénéenne et des éleveurs de Patou.
  • 20h30 : Court-métrage + Film
  • 22h : Débat avec le réalisateur et certains protagonistes.
Réservation

Pour cette séance, 20 places gratuites sont proposées, attribuées dans l’ordre des réservations via le billet spécifique (Cliquer ici ou sur une image)

Court métrage Les Bombes à eau de Madeleine de Barbara Dupont : Madeleine a 75 ans, elle est entrée dans une pharmacie pour acheter des préservatifs. Apparemment, elle veut en faire des bombes à eau pour l'anniversaire d'un ami. 

Invisibles mais infiniment précieux

Synposis : Invisibles mais infiniment précieux est un documentaire construit comme un puzzle. Chaque séquence nous offre une pièce : un élan collectif qui redonne vie à un patrimoine oublié, un éleveur de patous lié à la communauté pastorale, des familles qui transmettent leurs rêves à leurs enfants, des volontaires qui veillent sur les vies et les villages.

Peu à peu, ces fragments s’assemblent et dessinent l’image d’un territoire vivant, porté par des existences discrètes mais essentielles. Un puzzle où chaque rencontre éclaire la suivante, jusqu’à révéler la richesse invisible mais infiniment précieuse de nos vallées.



À propos du film:

Gérard Quintana, ou le cinéma comme geste de reconnaissance

Attaché à son territoire comme on l’est à une mémoire vivante, Gérard Quintana continue de filmer au plus près de la vallée de la Barousse et des rives de la Neste. Son cinéma ne s’encombre ni d’effets ni de discours : il observe, écoute, recueille. Les gestes du quotidien, les visages du centre équestre familial de Sacoué, les silences d’une vie simple mais essentielle deviennent la matière première d’un film profondément humain.

Je cherche la beauté, confie le réalisateur. Je veux mettre en valeur ces gens invisibles, car sans eux, cette vallée n’existerait pas. La caméra se fait alors discrète, respectueuse, laissant les habitants se révéler à leur rythme, sans jamais forcer le regard.

Dès les premières images, une émotion brute s’installe. Celle-là même qui avait rassemblé plus de 2 000 spectateurs lors de la projection des Petites mains. Avec Invisibles mais infiniment précieux, Quintana prolonge cet élan : le territoire devient un personnage à part entière, rude et lumineux, façonné par celles et ceux qui l’habitent.


Faire un second film est toujours un exercice périlleux. Le cinéaste relève pourtant le défi en élargissant encore son regard. Plus libre, plus ouvert, ce nouveau documentaire laisse la poésie affleurer à chaque plan. Film de transmission et de gratitude, il témoigne d’un amour profond pour les vallées et leurs habitants, pour ces existences modestes qui portent en elles une richesse inestimable.

Le message est résolument fédérateur. Quintana met en lumière « les petits », les sans-grade, ceux que l’on ne voit jamais. Il sillonne le Comminges pour porter cette parole, allant jusqu’à diffuser ses films gratuitement auprès des agriculteurs. Des jeunes prennent la parole, racontent leurs rêves d’exploitation à créer, leur désir de rester et de faire vivre le pays. Ici, le cinéma devient un outil de lien et d’avenir.

Avec des moyens modestes, sans aide publique, Gérard Quintana nous entraîne dans un monde rural attachant, où le collectif protège et soutient. L’entraide se lit dans chaque geste. En montagne comme en mer, la solidarité est une condition de survie. Le film donne la parole à celles et ceux qui veulent reprendre le flambeau — un sacerdoce tant le labeur est rude — mais aussi à celles et ceux qui aiment leurs bêtes, respectent leur environnement et portent fièrement une culture faite de traditions, de partage et d’amitié.

Le cinéma de Quintana refuse les artifices d’une production lissée. Il ne court pas après les subventions ni les circuits institutionnels. Cette indépendance crée un espace rare : une parole libre, affranchie des cahiers des charges et des injonctions à plaire. Ici, personne n’explique au spectateur ce qu’il doit penser. Les vies parlent d’elles-mêmes.

Entrer dans une salle pour Invisibles mais infiniment précieux, ce n’est pas chercher l’exotisme ou une réflexion abstraite. C’est retrouver un fragment de sa propre vie : un visage croisé au marché, une silhouette familière au café du coin. Le film opère comme un miroir collectif. Il abolit la distance entre celui qui regarde et celui qui est regardé, et fait naître, dans cette reconnaissance partagée, une solidarité profonde.

Le titre résume tout. Les « invisibles » sont les piliers silencieux des vallées : éleveurs levés avant l’aube, fromagers héritiers de recettes anciennes, bergers qui connaissent chaque pierre, maréchaux-ferrants dont le métier se raréfie, faucheurs qui entretiennent les paysages, aides-soignantes attentives, pompiers volontaires toujours prêts. Ils ne sont pas filmés comme des figures marginales, mais comme le cœur battant du territoire.

Quintana filme avec spontanéité et sincérité. Peu importe si la technique n’atteint pas les standards d’un documentaire formaté : l’essentiel est ailleurs. Dans les regards, dans les paroles qui surgissent sans filtre. « Il faut conquérir les cœurs, pas les prix », semble dire ce cinéma de transmission, infiniment plus précieux qu’un cinéma de prestige.

Cette liberté créative est aussi le fruit d’un parcours personnel marqué par un burnout. Une épreuve qui, loin de détruire, a recentré le cinéaste sur l’essentiel : l’infiniment petit, l’infiniment beau. De cette traversée est née une conviction claire : la véritable richesse se trouve dans l’authenticité des vies ordinaires.

Même la forme participe de ce geste. Les imperfections techniques, assumées, deviennent des qualités. Elles rappellent que ce que l’on voit n’est pas un produit industrialisé, mais un document vivant, saisi sur le vif. Cette « rusticité » crée une intimité rare avec le spectateur et inscrit le film dans une tradition où la caméra s’efface devant la vérité des êtres.

Avec Invisibles mais infiniment précieux, Gérard Quintana signe un cinéma de reconnaissance et d’appartenance. Un cinéma qui regarde enfin celles et ceux qui font tenir le monde — en silence.



Aucun commentaire :