FIFM26-Réservez votre parcours

Huit jours de cinéma et 50 films à découvrir à Muret

Du 8 au 15 novembre, le Festival international du film de Muret vous invite à vivre huit jours de cinéma à Véo-Muret. Au programme : 50 films, dont 44 en avant-première, venus faire découvrir des regards, des histoires et des cinémas du monde entier.

Pour vous donner envie de composer votre parcours, découvrez la vidéo de présentation intégrée à cet article !

Composez votre parcours

Vous pouvez choisir les films qui vous intéressent et réserver vos séances en ligne. Les pass permettent de voir de 3 à 27 films, avec des tarifs qui commencent à 6 € par film. Avec le pass 27 films, le tarif revient à 4 € par film, soit 108 € au total.

Des pass thématiques à prix exceptionnel sont également proposés aux adhérents de l’association Vive le Cinéma à Muret. Vous pouvez adhérer en ligne pour en bénéficier.

Réservez dès maintenant

Le programme vous attend : choisissez vos films, préparez votre parcours et réservez vos places sur le site du festival.

Billetterie en ligne : festivaldufilmdemuret.fr/billetterie

À très bientôt dans les salles de Véo-Muret !


Maman a 100 ans

Carlos Saura s’invite à une fête de famille pleine de surprises

Dimanche 11 octobre, vers 18 heures, Vive le Cinéma à Muret propose au Véo-Muret « Maman a 100 ans », de Carlos Saura. Une comédie féroce où les retrouvailles familiales cachent une véritable chasse à l’héritage. Avec Géraldine Chaplin, le ciné-classique invite à découvrir un autre visage du maître espagnol.

Un anniversaire, une grande maison et une famille réunie : tout semble prêt pour une fête chaleureuse. Mais chez Carlos Saura, les apparences sont trompeuses. Derrière les sourires, les vieilles rancœurs attendent leur heure. Et certains convives trouvent que la doyenne s’accroche un peu trop longtemps à la vie…

Réalisé en 1979, Maman a 100 ans suit le retour d’Anna dans la demeure où elle travaillait autrefois comme gouvernante. Venue célébrer le centenaire de la grand-mère, elle retrouve une famille dont les membres cultivent leurs frustrations, leurs obsessions et leurs ambitions. Les préparatifs avancent, mais un autre projet se dessine : hâter la succession pour mettre enfin la main sur le patrimoine.

Une fête de famille délicieusement cruelle

Voilà une première raison de retrouver ce film : le plaisir d’une comédie qui ne ménage personne. Saura mêle situations cocasses, humour noir et échappées dans le merveilleux. Les comportements deviennent extravagants, les désirs débordent et la réunion familiale prend les allures d’une farce mordante.

Sous le rire, pourtant, la critique demeure. L’argent abîme les liens, les bonnes manières dissimulent les calculs et l’affection se mesure parfois à la valeur d’un héritage. Face à cette impatience intéressée, la centenaire, interprétée par Rafaela Aparicio, possède une vitalité qui vient déranger les plans de son entourage.

Sorti quatre ans après la mort de Franco, le film peut aussi se regarder comme une bouffée de liberté. Le cinéaste, qui avait longtemps affronté la censure à travers des récits chargés de symboles, laisse ici davantage de place à l’ironie et à la fantaisie. Le rire devient une manière de secouer les vieux pouvoirs.

Les « loups » changent de visage

Deuxième raison de venir : le jeu de miroir avec Anna et les loups, réalisé en 1973. Saura reprend la même demeure et plusieurs personnages et interprètes de ce drame sombre, où la famille incarnait les forces oppressives de l’Espagne franquiste.

Mais cette nouvelle visite ne constitue pas une suite ordinaire. Malgré le dénouement tragique du premier film, Anna revient, comme si le cinéaste s’autorisait à redistribuer les cartes. La menace se transforme, le ton change, les rapports de force subsistent. Les mêmes murs accueillent désormais une satire où la cupidité occupe le devant de la scène.

Il n’est pas nécessaire d’avoir vu Anna et les loups pour apprécier cette réunion explosive. La situation parle à chacun : que reste-t-il de la solidarité familiale lorsque les intérêts personnels prennent toute la place ?

Géraldine Chaplin, un regard qui révèle tout

Troisième raison : retrouver Géraldine Chaplin. De Peppermint Frappé, en 1967, à Maman a 100 ans, son compagnonnage artistique avec Saura a nourri une œuvre attentive aux désirs, aux blessures et aux contraintes qui pèsent sur les femmes.

Son Anna apporte ici un regard extérieur, capable de percevoir ce que les autres voudraient cacher. Sa présence, sa finesse et son sens du décalage donnent à cette farce une précieuse humanité. Autour d’elle, Amparo Muñoz et Fernando Fernán Gómez contribuent à composer une galerie de personnages aussi inquiétants que réjouissants.


Ciné-classique : « Maman a 100 ans » (Mamá cumple cien años), de Carlos Saura, dimanche 11 octobre 2026, vers 18 heures, au cinéma Véo-Muret. Espagne, 1979, 1 h 35. Séance proposée par Vive le Cinéma à Muret.

Les survivants du Che

Après le Che, l’incroyable combat pour survivre

Dimanche 11 octobre à 10h15, au cinéma Véo-Muret, les Dimanches Mermoz de Vive le Cinéma à Muret vous invitent à découvrir Les Survivants du Che, en présence de Julien Schickel, monteur et co-compositeur du film. Une rencontre pour explorer un épisode méconnu de l’Histoire et les coulisses d’une longue aventure cinématographique.

Une épopée humaine derrière la légende

Bolivie, octobre 1967. Che Guevara est capturé puis exécuté. Pour ses compagnons rescapés, le combat prend une autre forme : échapper à la traque et rester en vie. Commence alors une fuite de 2 400 kilomètres, pendant cinq mois, à travers un territoire où des milliers de soldats les poursuivent.

Dans Les Survivants du Che, Christophe Dimitri Réveille recueille la parole de ceux qui ont vécu cette histoire. Témoignages, archives et séquences d’animation se répondent pour restituer leur périple. Porté par la narration de Vincent Lindon, ce documentaire, présenté en séance spéciale au Festival de Cannes 2026, redonne un visage et une voix aux hommes qui ont poursuivi leur route après la mort du Che.

Que reste-t-il d’un idéal lorsque tout semble perdu ? Comment tenir ensemble face à la peur, à l’épuisement et à la disparition des camarades ? Cette histoire ouvre une réflexion sur l’engagement, la fidélité et le prix humain des combats politiques.

Julien Schickel, au cœur de la fabrication du film

Notre invité, Julien Schickel, a assuré le montage et participé à la composition de la musique avec Gilles Alonzo et Matteo Di Stefano. Son implication dépasse largement la salle de montage : compagnon de travail du réalisateur depuis 2008, il a notamment participé aux tournages en Bolivie en 2013 puis en 2025.

Sa présence permettra de revenir sur la construction du récit, la place de l’animation et la manière de faire dialoguer des témoignages avec les images et la musique. Une occasion privilégiée de découvrir comment un projet poursuivi pendant près de vingt ans devient un film.



En ouverture : Ambush, la guerre vue depuis l’espace

La séance débutera par Ambush, un court métrage d’animation de Xi Chengzhuo, réalisé en 2024 à l’école des Gobelins et proposé par L’Agence du court métrage dans son catalogue L’Extra Court.

Pendant quatre minutes, nous suivons des soldats isolés dans l’espace, attendant une embuscade tandis que leurs réserves d’oxygène diminuent. Un jeune éclaireur trouve du réconfort auprès de son sergent.

Cette fiction fera écho au documentaire par ses questions sur la vulnérabilité des combattants et la solidarité face à la mort.

Rendez-vous dimanche 11 octobre 2026 à 10h15 au Véo-Muret, pour une matinée de cinéma et d’échange avec Julien Schickel.