Les raisins de la colère

Les raisins de la colère

de John Ford
Avec Henry Fonda, Jane Darwell, John Carradine

Dimanche 18 janvier 2026 vers 18h

(sorti 31 décembre 1947 - 2H09)


Présentation : Jo LOUBET

Synposis : Un jeune homme rentre à la ferme familiale en Oklahoma, après avoir purgé une peine de quatre ans de prison pour homicide involontaire. La Grande dépression sévit alors et comme beaucoup d’autres fermiers, sa famille est chassée de son exploitation. Ensemble, ils partent à travers le pays dans l’espoir de trouver, un jour, du travail en Californie. C’est le début d’un périple éprouvant, de camps de réfugiés en bidonvilles de fortunes, dans une Amérique en proie à la misère et à l’oppression...



À propos du film:

Le drame de l’expropriation des personnages des Raisins de la colère est d’autant plus traumatisant que ceux-là sont des petits fermiers viscéralement attachés à leur terre. Impuissants devant la fatalité qui les a ruinés et que le capitalisme utilise pour les déposséder et les exploiter, ils doivent s’arracher à leurs racines familiales et se jeter dans la douleur sur les routes d’un devenir collectif incertain. Cette histoire tragique, vécue dans les années 1930 de la Grande Dépression aux États-Unis, est celle de la famille Joad, représentante symbolique de ce peuple déterritorialisé et récipiendaire de l’espoir qui l’anime. 

Le film de  John Ford en illustre honnêtement le contexte et nous entraîne dans un périple à forte tonalité biblique vers la « Terre promise ». Sa mise en scène consiste donc à montrer à l’image le rapport de l’homme à sa terre et, plus généralement, à l’inscrire dans l’espace et les paysages parcourus. Elle consiste aussi à en révéler les lignes de forces idéologiques et la réalité documentaire qu’elle recouvre.

Ce sont d'honnêtes gens, qui ne cherchent ni la richesse ni la facilité, mais seulement un endroit pour vivre de leur travail et gagner honnêtement leur vie mais qui sont confrontés à la dureté des grands propriétaires qui ne pensent qu'à leur profit, au détriment de tout sentiment humain, et sont
prêts à laisser des gens mourir de faim.



Biographie John Ford:

John Martin Feeney, treizième enfant d’une famille d’immigrés irlandais, est né à Cape Elizabeth (Maine) en 1894. Après son échec au concours d’entrée à l’Académie navale d’Annapolis, passionné de théâtre populaire et de cinéma, il rejoint son frère Francis à Hollywood en 1913 où ce dernier réalise de petits films sous le nom de Ford. Il y est d’abord employé comme accessoiriste, comédien puis assistant de son frère. En prenant bientôt le nom de Ford, le futur cinéaste, à la fois soucieux d’intégration, d’excellence dans son domaine mais aussi d’indépendance sinon de particularisme, n’oubliera jamais ses racines irlandaises, comme en témoignent nombre d’éléments folkloriques présents dans ses films (musique, personnages, bagarres, whisky...). 


Critique:
  • L’événement du jeudi: Épopée et plain-chant. Avec les yeux clairs d'Henry Fonda qui en disent plus qu'un long discours !
  • Libération : Ford et le scénariste Nunnally Johnson ont la bonne idée de détacher le récit de sa stricte actualité.






La princesse et le rossignol

La princesse et le rossignol

Mercredi 14 janvier 2026 à 15h30

(sorti 8 octobre 2025)

Goûter offert  par Vive le Cinéma à Muret

Projection suivie d'une animation proposée par le Ligue de protections des Oiseaux (LPO) Occitanie délégation territoriale Haute-Garonne

Synposis : Trois histoires douces et pleines de poésie, où de jeunes héros prennent leur envol. Un tout petit oiseau qui défie un plus grand que lui, un jeune moine qui suit un moineau au-delà du temple, une fillette curieuse qui rêve de liberté… Chacun, à sa façon, écoute son cœur et part à la découverte du monde. Un programme tendre et inspirant pour les tout-petits, qui célèbre la curiosité, la liberté et l’enfance.



Par les mots de Valentin Rebondy du distributeur:

Celui qui nous enseigne nous parle d’une expérience dont il faut savoir s’emparer pour pouvoir la transmettre à son tour. Vivre, saisir une opportunité, comme un moineau qui passe et nous entraîne vers un monde à découvrir. Le moinillon est devenu un vieux sage à son tour. 

Une cage dorée reste une cage, même si elle est construite avec les meilleures intentions. On enferme pour protéger, pour préserver... pour dissiper nos peurs de voir ce qu’on aime prendre son envol et disparaître. La liberté est fragile si on lui refuse ce qui en fait la beauté. Il faudra au père de Cerise apprendre à lâcher prise, pour la voir s’épanouir à la rencontre du rossignol. Prenons un peu de hauteur et un peu de recul. Il suffit parfois d’un battement d’ailes pour découvrir
le monde qui nous entoure.



Par les mots de Arnaud Demuynck, producteur: 

 Un programme de courts métrages pour ouvrir grand ses yeux... et ses ailes. Dans les trois films de ce programme, comme dans les contes traditionnels, les oiseaux sont bien plus que de simples. Ces récits illustrent comment les oiseaux, par leurs caractéristiques réelles ou symboliques (le vol,le chant, la taille, la ruse), offrent un terrain de jeu merveilleux pour explorer certains thèmes de musique. 

Si les oiseaux sont une source d’inspiration pour l’art pictural, ils le sont aussi pour la . Le compositeur Olivier Messiaen les considérait comme ses plus grands maîtres. Ce programme très volatil se devait de proposer pour chaque court métrage une partition musicale originale. L’ensemble de la création a été réalisé sous la direction artistique du compositeur Yan Volsy. 

Ces films convergent en montrant que les oiseaux nous offrent des symboles forts,une source d’inspiration artistique, et des éléments clés pour des contes populaires et des récits initiatiques. 


Critiques :

Les Fiches du Cinéma:
  • Trois histoires douces et pleines de poésie, où de jeunes héros prennent leur envol. Chacun, à sa façon, écoute son cœur et part à la découverte du monde. Un programme tendre et inspirant pour les tout-petits, qui célèbre la curiosité, la liberté et l’enfance.

Télérama:
  • Une fable zen qui fait sensation.



Tout va bien

Tout va bien

Un film documentaire de Thomas ELLIS

(sort le 7 janvier 2026 - 86mn)

  • Dimanche 18 janvier 2025 à 10h30 (dans le cadre des Dimanches du Mermoz)
  • Lundi 19 janvier 2025 à partir de 9h (projection scolaires)

En présence du réalisateur

Synopsis : Âgés de 14 à 19 ans, cinq adolescents ont traversé des déserts et des mers, seuls. Arrivés à Marseille, ces filles et garçons portent en eux l’espoir brûlant d’une nouvelle vie. Ils apprennent un métier, un pays, des habitudes et pour certains une langue. « Tout va bien » répètent-ils obstinément à leurs familles. Mais le véritable voyage ne fait que commencer…

Réservation


Entretien avec Thomas ELLIS

Avant d'être un film, TOUT VA BIEN a été un projet humain. Pendant, 15 ans, j’ai travaillé et vécu en Asie du Sud et particulièrement en Inde, au Pakistan et en Afghanistan, où je produisais des reportages. La question de la crise migratoire et des déplacements de population était souvent au cœur des sujets que l’on traitait pour les magazines d’information, mais toujours raconté sous l’angle du départ ou du voyage.

Quand je suis rentré vivre à Marseille en 2019, l’arrivée de mineurs non accompagnés était devenue un sujet brûlant dans les Bouches-du-Rhône. Encore une fois, on parlait de ces enfants comme d’un problème, certains hommes et femmes politiques les qualifiaient de délinquants, de filles et garçons dangereux. Mais moi, je voulais juste comprendre comment des gamins qui viennent de l’autre bout du monde, viennent-ils s’installer à Marseille ? 

En décembre 2019, j'ai commencé à contacter des associations qui s'occupent de leur mise à l'abri et de leur évaluation. J’ai visité des foyers, des hôtels sans filmer. Je voulais et je pouvais n’être qu’en observation. J’ai rencontré des ados avec une envie et une force de vie incroyable : envie d'apprendre le français, de trouver leur place à l'école, seuls, sans parents. J’avais l’impression de voir des super-héros.




Un documentaire à cinq voix

Les cinq adolescents qui apparaissent dans TOUT VA BIEN viennent d’horizons très différents, et ont pris le chemin de l’exil pour des raisons très diverses. Thomas Ellis a choisi de réaliser un documentaire choral, qui entremêle les itinéraires et les situations de chacun, comme en écho à cette multiplicité des parcours qui finit par former une communauté au seuil de l’Europe. Il en dresse un portrait unique et tout en nuances, en montrant leur dynamisme et leur incroyable volonté, sans cacher leurs inquiétudes, leurs difficultés, et en respectant leurs silences.

Raconter l'immigration

Pour raconter autrement la migration, Thomas Ellis a choisi de s’attarder, d’écouter les jeunes et de leur laisser le temps d’exister devant la caméra. Journaliste et producteur, il revient d’Inde en 2019 et se consacre au reportage et au documentaire. Dès 2019, il commence les repérages et, en 2021, il multiplie les allers-retours dans des hôtels, foyers, écoles, hôpitaux et tribunaux dans lesquels vivent ou passent des mineur.es non accompagné.es. Ces repérages donnent lieu à des ateliers pour créer du lien et nourrir le projet d’une diversité de regards.

Pour aller plus loin