dimanche 26 février à 18h30 L'usure du temps

Dimanche 26 février à 18h30

Ciné classique

L'usure du temps ( Shoot the moon)





L'histoire:
La rupture après 15 ans de mariage laisse le mari, la femme et leurs quatre enfants dévastés. Lui se préoccupe de sa carrière et de sa maîtresse mais pas seulement... et elle des enfants mais pas seulement.... Jalousie? Rancune?

Notre avis :
Pourquoi s’intéresser à “shoot the moon”, ou “l’usure du temps”, un film parmi tant d’autres dans l’abondante filmographie d’Alan Parker? ( "Midnight express","Fame", "Evita", "Mississipi burning"etc...)
D’abord parce que ce film oublié est le préféré et le plus personnel du réalisateur, qui reconnaît que, durant le tournage de cette fiction, il a mesuré la fragilité de son propre couple et, ayant lui-même 4 enfants, la complexité de la vie familiale. 
Si “l’usure du temps” n’est pas juste un film de rupture de plus, l’histoire d’une séparation douloureuse et survoltée, c’est sans doute d’abord par le choix du cadre, par l’intelligence de son scénario, la qualité de son interprétation.


Alan Parker nous amène dans une maison, dotée d’une vue magnifique et isolée à la campagne; il suit le rythme des saisons, accorde une vraie place aux 4 enfants, qui réagissent de façon différente à la désintégration de la relation parentale, fait confiance à 2 comédiens exceptionnels, Albert Finney et Diane Keaton, à la sensibilité à fleur de peau, pour incarner les parents.


La force du film, c’est de ne pas tenter d’expliquer. Qu’est ce qui a mal tourné dans ce mariage? Quelle est la nature de l’amour de George pour sa nouvelle compagne? Le film ne répond à aucune de ces questions mais reste dans l’émotionnel brut. Il n’y a “ni gagnants, ni méchants”(Alan Parker), juste “une atmosphère toujours électrique et c’est cette électricité qui est le moteur du film”(Pauline Kael).

Il faut voir ou revoir ce film méconnu, drôle, émouvant parce qu’il sonne juste, parce qu’il est subtil, qu’il fait confiance à l’intelligence et la sensibilité du spectateur et il faut en savourer la bande son mélancolique.